THE SILVER CORD

THE SILVER CORD

THE SILVER CORD

Une comédie de mœurs de John Cromwell

76  mn

Avec Irene Dunne, Joel McCrea, Laura Hope Crews, Eric Linden, Frances Dee
Scénario de Jane Murfin
D'après Sidney Howard
Musique de Max Steiner
Photo de Charles Rosher
Produit par Pandro S. Berman

RESUME
Une mère possessive tente de convaincre ses deux fils de rester auprès d'elle : elle prévoit que l'aîné, marié à une scientifique qui attend un enfant, construise sa maison à proximité, tandis qu'elle persuade le cadet de quitter sa fiancée.

COMMENTAIRE
Marie Dressler dans « Annie la batelière », May Robson dans « Grande dame d’un jour », Laura Hope Crews ici, il n’est pas rare de voir au début des années trente - et en particulier en 1933 - des actrices âgées former le principal attrait d’un film. Immenses actrices venues du théâtre, elles allient un jeu juste à une touche d’excentricité qui dénote à côté de celui plus convenu des jeunes comédiens qui leur donnent la réplique. Répondant à cette démarche, l’intérêt de « The silver Corde » repose en grande partie sur la présence de Hope Crews. Non seulement les acteurs qui gravitent autour d’elle sont assez fades (alors qu’Irene Dunne arrive à s’imposer dans quelques scènes, Joel McCrea est pour le coup inexistant), mais de plus, le film se présente ouvertement comme du théâtre filmé, les protagonistes allant jusqu’à décrire ce qu’ils voient par la fenêtre ! C’est bien l’interprétation de Hope Crews en mère possessive qui fascine ici. Elle dégage en effet une perfidie telle, qu’elle ne peut manquer de provoquer du dégoût. Interprétant une femme honorable, quelque peu hautaine, savoureusement outrecuidante, l’antipathie qu’elle inspire va crescendo. Alors qu’elle dit aimer ses fils, elle devient insidieusement l’artisan de leur malheur. La jalousie malsaine qui l’anime, ajoutée à un instinct maternel excessif, finit par rendre mal à l’aise. (D’ailleurs le film se conclut sur une note incongrue loin des happy end de rigueur). Evidemment, l’actrice est servie par un scénario d’une grande acuité. Ecrit par Jane Murfin, celui-ci sonne parfaitement juste. Comme inspiré de faits réels, il relève parfois de l’étude psychologique, ou tout au moins d’un profond sens de l’observation.

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