LA SOEUR BLANCHE

LA SOEUR BLANCHE

THE WHITE SISTER

Un mélodrame de Victor Fleming

106  mn

Avec Helen Hayes, Clark Gable, Lewis Stone, Louise Closer Hale, May Robson, Edward Arnold
Scénario de Donald Ogden Stewart
D'après F. Marion Crawford
Musique de Herbert Stothart
Photo de William H. Daniels
Produit par Hunt Stromberg

RESUME
En Italie avant la Première Guerre mondiale, alors que les fêtes de carnaval battent leur plein, la fille d'un noble est à quelques semaines de son mariage de raison avec un jeune aristocrate lorsqu'elle fait la connaissance d'un fringant officier.

COMMENTAIRE
Helen Hayes, Janet Gaynor, Lilian Gish, les reines du mélodrame sont des femmes fluettes sans grande personnalité et au physique dénué d’éclat. Correspondent-elles au canon de la beauté au moment où le genre atteint son apogée, ou sont-elles l’incarnation qu’on se fait de l’héroïne passivement broyée par un destin facétieux ? Le mélodrame dont on parle, très appuyé, né à l’époque du muet, se distingue de celui, plus subtil, qui apparaît avec le parlant et dont les prêtresses sont Irene Dunne, Ann Harding et Margaret Sullavan. Sorti en 1933, « La sœur blanche » en conserve pourtant tous les aspects et en est certainement l’un des derniers avatars. Outre le fait qu’Hayes - dont la carrière périclite l’année suivante - ait le physique et le tempérament des actrices du muet, le film déploie cette surenchère de pathos touchant au surréalisme qui caractérise le mélodrame des années vingt. Remake d’une réalisation d’Henry King sortie en 1923, il reprend, sans chercher à le moderniser, cet amour rendu impossible par une suite ininterrompue de concours de circonstances. C’est d’abord le père de la jeune femme, puis la mort de celui-ci, qui l’empêche d’épouser le bel officier campé par Clark Gable. La disparition de ce dernier durant une attaque aérienne, la conduira finalement à entrer au couvent, lui interdisant à jamais de se marier avec lui. Le film qui se situe en Italie durant la Première Guerre mondiale, et qui voit des amants irrémédiablement séparés à causes des évènements tragiques qui marquent cette période, rappelle à s’y méprendre « L’adieu aux armes » sorti l’année précédente et dans lequel Hayes joue également le rôle principal. La fin des deux films qui se conclut avec le carillonnement des cloches est d’ailleurs étrangement semblable. Ceci étant, le film est parfaitement réalisé. De nombreuses scènes filmées en extérieur, en partie celles qui se déroulent durant le carnaval, ainsi que les quelques séquences de combats aériens, sont attrayantes. On notera également le découpage. La première partie assez classique, même plutôt lente à se mettre en place, est suivie d’une partie plus originale utilisant l’ellipse avec profusion. L’écoulement du temps de l’ordre de l’année, voire plus, entre deux séquences, n’est discernable qu’à travers les dialogues se présentant à la suite. Ainsi, un temps d’adaptation pour se resituer dans l’histoire est nécessaire à chaque nouvelle ellipse ce qui, loin d’être désagréable, fait progresser l’intrigue par accoues inattendues.

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