LA SOUPE AUX CANARDS

LA SOUPE AUX CANARDS

DUCK SOUP

Une comédie de Leo McCarey

70  mn

Avec Chico Marx, Groucho Marx, Harpo Marx, Zeppo Marx, Margaret Dumont, Louis Calhern, Raquel Torres, Edgar Kennedy
Scénario de Arthur Sheekman, Nat Perrin
D'après Bert Kalmar, Harry Ruby
Musique de Bert Kalmar, Harry Ruby
Photo de Henry Sharp

RESUME
L'état de Freedonia est en pleine détresse financière et au bord de la révolution. Une milliardaire accepte de prêter de l'argent à condition qu'un ami devienne président. Celui-ci, un incapable, va déclarer la guerre à son voisin, un conspirateur.

COMMENTAIRE
Ce cinquième film des Marx Brothers, le dernier qu’ils tournent à la Paramount, et également le dernier où apparaît Zeppo - le moins convainquant des quatre frères -, est certainement le plus réputé des treize films du fameux groupe de comiques. Est-ce un hasard si le réalisateur, Leo McCarey, est l’un des plus grands maîtres de la comédie américaine à avoir dirigé les frères ? Certainement, car les Marx demeurent les véritables créateurs de leurs films : ils semblent tellement imprévisibles que personne n’est vraiment capable de maîtriser leur mise en scène ; de même, le rôle des scénaristes apparaissant au générique ne peut être que réduit quand on sait à quel point l’univers dans lequel les Marx évoluent leur est propre. La réputation du film ne semble pas non plus attribuable à la qualité des gags : on a bien quelques bonnes répliques de Croucho, un Harpo particulièrement en forme - qui joue du ciseau et coupe tout ce qui dépasse -, on y trouve aussi le gag du miroir - inspiré d’un gag de Max Linder -, mais ceci ne dénote pas vraiment dans leur œuvre. Non, le côté exceptionnel de celle-ci se situe à n’en pas douter dans le message iconoclaste qu’elle porte. A l’inverse des autres films des Marx, celui-ci se présente comme une satire, qui plus est, une satire politique. On y découvre des dirigeants décrits comme des incapables mis en place par des lobbys financiers. La désinvolture de ces dirigeants, qui correspond parfaitement au tempérament insensé et anarchiste de Croucho, conduit évidemment à des guerres. Dans l’univers surréaliste des Marx le message prend une forme ironique inquiétante qui n’est pas sans rappeler « Docteur Folamour » de Stanley Kubrick. Replacé à son époque, une telle impertinence vis-à-vis du monde politique est exceptionnelle. Si cela ne convainquit pas les spectateurs d’alors qui réservèrent au film un accueil mitigé, l’histoire du cinéma en revanche sut reconnaître son caractère novateur.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33