STEAMBOAT ROUND THE BEND

STEAMBOAT ROUND THE BEND

STEAMBOAT ROUND THE BEND

Un film d'aventures de John Ford

78  mn

Avec Will Rogers, Anne Shirley, Irvin S. Cobb, Eugene Pallette, John McGuire, Berton Churchill, Francis Ford, Stepin Fetchit
Scénario de Dudley Nichols, Lamar Trotti
D'après Ben Lucien Burman
Musique de Samuel Kaylin
Photo de George Schneiderman
Produit par Sol M. Wurtzel

RESUME
Sur le Mississippi, un vendeur de potions achète un bateau à vapeur en ruine qu'il retape. Son neveu vient le rejoindre, mais celui-ci a commis un meurtre qui l'oblige à se constituer prisonnier. Son oncle se démènera pour le sauver.

COMMENTAIRE
C’est la troisième et dernière fois que John Ford dirige Will Rogers qui perdra la vie dans un accident d’avion un mois avant la sortie du film. Interprétant ici un personnage plus innocent et moins impliqué socialement (un bonimenteur devenu capitaine de bateau à aubes) que les deux précédents (un docteur et un juge), la dimension humaniste et sociale du film perd indéniablement en densité. Mais si l’œuvre est considérée comme la moins intéressante des trois, c’est surtout à cause de sa structure narrative quelque peu brouillonne en parti due - d’après Ford - à Darryl F. Zanuck qui a refait le montage. Le récit s’articule maladroitement autour de deux intrigues, une course de bateau et les tentatives de sauver un innocent de la corde, dont le dénouement est bâclé. Prenant souvent trop de place, une multitude d’historiettes viennent parasiter et étouffer ces intrigues principales qui sont, du coup, exploitées dans les dernières bobines du film. (Comment croire que les deux plus grands scénaristes du moment que sont Dudley Nichols et Lamar Trotti soient à l’origine de cela ?) Ceci étant, cette réalisation de Ford est loin d’être négligeable. C’est certainement celle où la truculence du maître est la plus présente et la plus réussie. Sorte de double de lui-même, son frère Francis Ford incarne un ivrogne dont toutes les actions sont motivées ou altérées par la recherche ou l’abus d’alcool. On ne compte pas les scénettes où cet aspect est utilisé et ce, toujours de façon amusante. Le shérif interprété par l’obèse Eugene Pallette qui, pour éviter de se déplacer, cède les clefs de sa prison à un meurtrier afin qu’il s’y enferme, le pédant prédicateur ridiculisé par la mise en scène, le Noir qui joue les gentils abrutis comme c’était de coutume à l’époque, le capitaine du bateau concurrent qui demande à ce qu’on lui retire le cigare quand il se sera endormi, sont autant de personnages pittoresques qui viennent compléter une galerie haute en couleur. Le burlesque de Ford est toujours incroyablement juste ici, ce qui n’est pas aisé à rendre quand on songe à certaines comédies qu’il réalise dans les années cinquante et soixante où il tente sans succès de le reproduire. On pense en particulier à « Ce n’est qu’un au revoir », « L’aigle vole au soleil » ou « La taverne de l’Irlandais ». Véritable moment de bravoure, la course de bateau à aubes finale constitue un autre élément remarquable du film.

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