SUR LA PISTE DES MOHAWKS

SUR LA PISTE DES MOHAWKS

DRUMS ALONG THE MOHAWKS

Un film d'aventures de John Ford

103  mn

Avec Henry Fonda, Claudette Colbert, John Carradine, Francis Ford, Ward Bond, Edna May Oliver, Eddie Collins, Dorris Bowdon
Scénario de Lamar Trotti, Sonya Levien
D'après Walter D. Edmonds
Musique de Alfred Newman
Photo de Bert Glennon, Ray Rennahan
Produit par Raymond Griffith

RESUME
Deux jeunes mariés s'installent en Nouvelle-Angleterre en pleine guerre d'indépendance. Peu après, ils sont chassés de leur maison qui est brûlée par les indiens alliés des Anglais. Le couple se met alors au service d'une veuve.

COMMENTAIRE
Les grands films de John Ford de cette époque sont tournés à la Fox, et c'est dans ce studio qu'il va tourner son premier film en technicolor, « Sur la piste des Mohawks ». Les deux autres, tournés avant 1950 seront « Le fils du désert » en 1948 et « La charge héroïque » en 1949, c'est dire que la couleur est employée parcimonieusement par Ford et qu'il n'est pas un précurseur dans ce domaine, il semble même peu enthousiaste à son utilisation. Il faudra attendre les années cinquuante pour le voir utiliser régulièrement la couleur. En comparaison, Henry King et Walter Lang tourneront durant la même période et dans le même studio huit films en couleur, (Curtiz fera mieux avec dix films en technicolor à la Warner). Et si « Sur la piste des Mohawks » possède une photo remarquable, cela est dû essentiellement à la collaboration de Ray Rennahan, le spécialiste du technicolor, et de Bert Glennon. A côté de cela, cette fresque à la gloire des Etats-Unis où l'on suit les péripéties d'un couple transit d'amour et pétrit de bons sentiments est plus destiné à un Cecil B. DeMille qu’à un Ford (qui n’en a pas moins dans ces années-là une conception demillienne de l'Indien !). Les rapports entre les protagonistes et les liens qui les unissent sont traités trop superficiellement (des raisons commerciales y sont sans doute pour quelque chose), pour classer ce film parmi les œuvres purement fordiennes. Le cinéaste a besoin de temps pour développer sa thématique et il en a peu ici. D'autre part, il n'est pas à l'aise avec cette histoire de couple hors de sa cellule familiale, côtoyant une veuve, une servante et quelques voisins. Mais cela étant, on reconnaît tout de même le cinéma de Ford dans le caractère de la veuve jouée par Edna May Oliver, la longue scène précédent la naissance de l'enfant (avec la trouvaille prenante de vérité où Fonda, le père, doit être porté car ses jambes ne le soutiennent plus), la scène du bal, et la belle séquence où la mère surprend son mari admirant son fils et repartant discrètement sans s'être manifesté. Autre œuvre de la même période sur l'histoire et à la gloire de l'Amérique, « Vers sa destinée » dissèque de petits bouts d'histoire réinterprétés dans un mouvement lent plein de digressions qui, en cela, est plus conforme au style de son auteur que ne l'est « Sur la piste des Mohawks ».

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