BEAU GESTE

BEAU GESTE

BEAU GESTE

Un film d'aventures de William A. Wellman

113  mn

Avec Gary Cooper, Ray Milland, Robert Preston, Brian Donlevy, Susan Hayward, J. Carrol Naish, Albert Dekker, Broderick Crawford, Charles T. Barton, James Stephenson
Scénario de Robert Carson
D'après Perceval Christopher Wren
Musique de Alfred Newman
Photo de Theodore Sparkuhl, Archie Stout
Produit par William A. Wellman

RESUME
Après avoir soit disant volé un saphir à sa tante, Beau s'engage dans la légion étrangère. Il est bientôt rejoint par ses deux frères qui, par esprit de corps, se font aussi passer pour les voleurs. Un sergent au courant cherche à s'emparer de la pierre.

COMMENTAIRE
« Beau Sabreur » en 1928, « Cœurs brûlés » en 1930, maintenant « Beau Geste », la liste des films dans lesquels Gary Cooper interprète un légionnaire français traduit l’engouement du cinéma hollywoodien pour les récits ayant trait au Sahara et à la légion étrangère. Il est vrai qu’avec ses étendues désertiques, ses autochtones hostiles, son armée retranchée dans des forts, ce sous-genre du film d’aventures offre de nombreuses similitudes avec le western. Toujours en relation avec l’histoire coloniale, la présence de la légion étrangère au Maghreb est, après tout, à la France ce que la conquête de l’Ouest est à l’Amérique. De ce point de vue, « Beau Geste » en est un parfait exemple. Facilement transposable dans l’Ouest américain, une grande partie du film se déroule dans un fort isolé dans le désert où des légionnaires font face aux assauts répétés d’une armée de touaregs. Il se superpose à cette approche romanesque, finalement très hollywoodienne, des comportements, une atmosphère, qui en font l’un des plus fascinants films d’aventures de la décennie. Le plus étonnant demeure Brian Donlevy qui accomplit certainement là sa plus mémorable prestation. Aussi sadique que cruel, flirtant avec le fantastique et l’horreur, son personnage despotique, souvent filmé afin d’accentuer sa démence, est particulièrement inquiétant. La scène où il place les cadavres de ses soldats aux créneaux des remparts afin de tromper l’ennemi sur le nombre des combattants, est symptomatique du délire qui l’habite. Comme la musique, ce film qui voit mourir un à un les soldats d’un fort sous les ordres d’un sergent psychopathe, a quelque chose d’obsédant. S’opposant à ce machiavélisme morbide, Cooper, Ray Milland, et Robert Preston, incarnent l’amour fraternel, presque mystique, qui lie les frères Geste, des orphelins élevés dans une famille d’aristocrates. Leur grandeur d’âme, leur esprit de corps, leur complicité, en font des héros attachants qui forment la face lumineuse du récit. Autre élément original du film, sa construction. Se plaçant chronologiquement à la fin de l’histoire, la scène d’introduction - où l’on découvre un fort gardés par des cadavres - soulève des interrogations qui seront élucidées, non seulement par le récit à venir, mais également par la rediffusion, à la fin du film, de cette même scène vue à travers les yeux d’un autre personnage. Très fréquente dans le film noir à venir, cette approche à base de flash back et de scènes identiques diffusées sous des angles différents, est encore peu usitée à cette époque. Enfin, sans rien enlever au mérite de William A. Wellman et des créateurs du film, signalons tout de même que celui-ci est bougrement proche de la version muette de 1926.

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