TARZAN ET SA COMPAGNE

TARZAN ET SA COMPAGNE

TARZAN AND HIS MATE

Un film d'aventures de Jack Conway et de Cedric Gibbons

105  mn

Avec Johnny Weissmuler, Maureen O'Sullivan, Neil Hamilton, Paul Cavanaugh, Linda Christian, Forrester Harvey, Doris Lloyd
Scénario de Howard Emmet Rogers, Leon Gordon
D'après James Kevin McGuiness
Musique de George Richelavie
Photo de Charles G. Clarke, Clyde de Vinna
Produit par Bernard H. Hyman

RESUME
Avec un homme sans scrupule et des centaines de porteurs, un ancien ami de Jane monte une expédition dans le but de piller l’ivoire du cimetière des éléphants. Il espère également ramener Jane, laquelle vit dans la jungle avec Tarzan.

COMMENTAIRE
Si « Tarzan l’homme singe », réalisé par Woody S. Van Dyke, est à considérer comme un magnifique coup de maître qui plaça durablement la série des aventures de Tarzan produit par la MGM en bonne place dans l’histoire du cinéma, ce deuxième épisode est certainement le plus abouti, le plus travaillé, le plus impressionnant de la série. Plus exceptionnel encore, « Tarzan et sa compagne » possède une poésie, une sensualité, un érotisme tout à fait inhabituel pour l’époque. Il faut revenir à des œuvres de Frank Borzage comme « L’heure suprême », « L’adieu au drapeau » ou « Ceux de la zone » pour découvrir une telle complicité dans les relations amoureuses. Lorsque Tarzan souffle délicatement sur le visage de Jane pour la réveiller, lorsque celle-ci se jette d’un arbre pour terminer sa chute dans les bras de Tarzan, lorsque les deux amants jouent comme des enfants dans les branches, il transparaît à l’écran tout l’attendrissant amour qui les lie. Cette relation est d’autant plus touchante que Tarzan, être non civilisé mi-animal, mi-homme, est un individu fruste incapable d’exprimer le moindre sentiment. Dire de lui qu’il n’a rien de l’amant romantique est un euphémisme et pourtant il se dégage de ses attitudes une admiration pour celle qu’il aime, et qui n’a rien à envier à l’admiration que Jane exprime clairement en retour pour lui. Dans une longue scène, une des scènes les plus érotiques du cinéma américain des années trente, on découvre Jane qui se baigne nue en compagnie de Tarzan. Inspiré certainement de « King Kong » sorti l’année précédente, lui-même inspiré du mythe de la belle et la bête - auquel fait aussi référence le couple Jane-Tarzan ici -, un érotisme vient transcender cette relation en lui ajoutant une sympathique dimension sensuelle. A côté de cela on découvre une succession ininterrompue de scènes d’actions impressionnantes qui traduit l’ambition affichée par la MGM. Hippopotame, rhinocéros, léopard, boa, crocodiles, groupes importants d’éléphants, de lions, de chimpanzés, de nombreux animaux, souvent dangereux, sont mis à contribution. Par le truchement de dressages et d’effets spéciaux - pas toujours très réussis mais tout de même remarquables pour l’époque -, ces animaux, tel cet hippopotame qui sauve Tarzan de la noyade, ou ces nombreux éléphants qui s’attaquent à un important groupe de lions, exécutent des performances dictées par un imaginaire débordant. Ce sont également les attaques d’indigènes et les décors qui sont saisissants. Finalement, nous avons en terme d’action ce qu’il s’est fait de mieux dans la série. Quant à l’histoire, si elle n’est pas véritablement originale, elle n’en représente pas moins la quintessence de ce thème décliné inlassablement tout au long des épisodes : une expédition se fait massacrer dans une jungle féroce dont elle a tenté de piller les trésors.

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