TARZAN S'ÉVADE

TARZAN S'ÉVADE

TARZAN ESCAPES

Un film d'aventures de Richard Thorpe

95  mn

Avec Johnny Weissmuler, Maureen O'Sullivan, John Buckler, William Henry, Benita Hume, Herbert Mundin
Scénario de Karl Brown, John Villiers Farrow, Louis Moshee
Photo de Leonard Smith
Produit par Armand H. Hyman

RESUME
Des cousins de Jane montent une expédition pour retrouver cette dernière qui doit hériter d'une fortune léguée par leur oncle. Ils sont guidés par un aventurier qui envisage de s'emparer de Tarzan pour l'exhiber dans des attractions.

COMMENTAIRE
Johnny Weissmuler apparaît là dans son troisième film, le troisième « Tarzan » produit par la MGM. Il a commencé sa carrière cinématographique en 1932 avec le mythique « Tarzan l’homme singe » de Woody S. Van Dyke. Jusqu’à « Tarzan s’évade », durant quatre ans il ne joue que dans un seul film, « Tarzan et sa compagne ». Dans les années trente, une fréquence de tournage aussi peu élevée pour un interprète de cette réputation est rarissime. En comparaison, Maureen O'Sullivan, l’incarnation de Jane, joue dans une quinzaine de films durant cete même période. En dix ans, Weissmuler n’apparaîtra que six fois à l’écran pour interpréter exclusivement son personnage emblématique, durant ce temps O'Sullivan aligne en moyenne trois à quatre films par ans. L’explication est que Weissmuler est un acteur médiocre, à l’inverse de sa compagne à la scène. Si médiocre que les producteurs se sont longtemps gardés de lui faire dire beaucoup plus que « hungawa ». (Ce ménagement des talents dramatiques de l’acteur atteint un sommet du cocasse ici lorsque Jane traduit un mot éructé par Tarzan, en une phrase interminable). Mais en définitif, que l’un ait beaucoup tourné et l’autre peu, que l’un ait eu plus de talent dramatique que l’autre, aujourd'hui on retient essentiellement de ces deux comédiens, leur prestation dans les six Tarzan produits par la MGM. Il convient de rajouter qu’après dix ans de succès, Weissmuler galère et tourne des bandes plus ou moins minables, tandis que O’Sullivan continue sa carrière sereinement. (Après « Tarzan à New York », le dernier Tarzan de la série sorti en 1942, elle s’arrête durant quelques années avant de reprendre en 1948 sur un rythme tranquille). Fort du succès de « Taro le Païen », une aventure exotique qu’il mit en scène l’années précédente, Richard Thorpe, considéré par le studio comme le nouveau Van Dyke, dirige ici son premier Tarzan. Des quatre qu’il réalisa, celui-ci demeure peut-être le moins laborieux, en partie grâce à la présence d’Herbert Mundin qui apporte une agréable pointe d’humour et à l’apparition d’une maison des plus confortables construite dans les arbres et servant de foyer à Tarzan et Jane. Thorpe, qui s’avèrera être l’homme à tout faire du studio, semble pour l’essentiel n’avoir fait que ce qu’on lui demande. Ainsi, peu d’éléments nouveaux apparaissent, en plus du fait qu’on y retrouve la structure narrative, et les indigènes cruels et stupides des précédents épisodes. La production cherche visiblement, comme dans « Tarzan et sa compagne », à ajouter une touche de romantisme au film, en particulier lors de la séquence où le couple se retrouve seul, se préparant à une longue séparation. Alors qu’elle aurait pu permettre au réalisateur de s’affirmer, elle est très platement mise en scène. La fleur qui s’en va dans le cours de la rivière est presque forcée. A l’image de la tenue de Jane assortie d’un short en peau de bête à la place de la très suggestive robe qu’elle portait dans le deuxième épisode, la séquence manque de sensualité, et marque un retour à une forme plus conventionnelle.

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