BECKY SHARP

BECKY SHARP

BECKY SHARP

Un film historique de Rouben Mamoulian

84  mn

Avec Miriam Hopkins, Frances Dee, Cedric Hardwicke, Billie Burke, Alison Skipworth, Nigel Bruce, Alan Mowbray
Scénario de Francis E. Faragoh
D'après William Makepeace Thackeray
Musique de Roy Webb
Photo de Ray Rennahan
Produit par Kenneth McGowan

RESUME
En Angleterre, au début du 19ème siècle, Becky quitte sa pension de jeune fille pour aller vivre chez une amie de la haute société. Le frère de cette amie courtise Becky, mais ne peut demander sa main, car elle est d'origine modeste.

COMMENTAIRE
Pour cette première exploitation du technicolor dans un long métrage les producteurs font appel à un chef opérateur expérimenté, Ray Rennahan, qui a déjà réalisé deux films en couleur : « Docteur X » et « Le masque de cire », en Technicolor bichrome ceux-là. Par la suite il composera entre autre la photo de « Sur la piste des Mohawks » et de « Arène sanglante » pour lequel il gagne un oscar avec Ernest Palmer. Il est avec W. Howard Greene et William V. Skall, de ces chefs opérateurs, pionniers dans leur domaine, qui n’ont travaillé qu’avec de la pellicule couleur et ce depuis les années trente. Donc, premier film en Technicolor trichrome réalisé par Rouben Mamoulian et interprété par quelques vedettes de tout premier plan telles que Miriam Hopkins et Frances Dee, « Becky Sharp » présente les meilleurs augures. On s’étonne toutefois qu’il soit produit par la RKO qui n’a jamais brillé par le nombre de ses films en couleurs : il est le Major qui en a produit le moins, même si on y inclue les dessins animés de Walt Disney et les productions de Samuel Goldwyn distribués par le studio. L’histoire du film, elle aussi, dénote par son manque de panache. Elle est tirée d’un roman populaire anglais du 19ème siècle, « La foire aux vanités », réputé pour sa puissance de l’analyse mais aussi pour la médiocrité de son histoire qui relate l’ascension sociale d’une intrigante. Si elle correspond bien à l’esprit du studio qui, dans ces années-là, est attirée par les histoires mettant en scène des héroïnes, - Katherine Hepburn en étant la figure récurante et emblématique - elle demeure cependant un choix douteux pour un film de prestige sensé mettre en valeur une nouvelle technologie. Et en effet, ce film qui laissait présager beaucoup, finit par décevoir. La mise en scène très statique, l’intrigue ennuyeuse et l'obstination à rester dans les studios fait oublier la beauté picturale de certaines scènes. La RKO, le plus pauvre des majors, était peut-être, en définitif, la moins disposée à donner au technicolor un film à sa mesure. Il faudra attendre « Ramona », « Les aventures de Robin des bois », « Sur la piste des Mohawks » ou « Autant en emporte le vent » pour enfin que la couleur reçoive ses lettres de noblesse.

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