TÊTE BRÛLÉE

TÊTE BRÛLÉE

AIR MAIL

Un film d'aventures de John Ford

85  mn

Avec Ralph Bellamy, Gloria Stuart, Pat O'Brien, Slim Summerville, Lilian Bond, Russell Hopton, David Landau, Leslie Fenton, Frank Albertson
Scénario de Dale Van Every, Frank W. Wead
D'après Frank W. Wead
Photo de Karl Freund
Produit par Carl Laemmle Jr.

RESUME
Dans une base de l'aéropostale, un as de l'aviation arrive pour remplacer un pilote brûlé vif dans son appareil peu de temps avant. Coureur de jupon, l'as n'hésite pas à courtiser la femme d'un pilote qui lui aussi va périr aux commandes de son appareil.

COMMENTAIRE
Moins de quatre ans plus tard, Howard Hawks tournera un Remake, « Brumes », qui permet d’apprécier ce qui différentie, sur certains aspects, son cinéma de celui de John Ford. Alors que les deux films sont écrits par Frank W. Wead (un pionnier de l’aviation), le film de Hawks est plus léger, plus bavard, les personnages sont plus désinvoltes et les relations hommes-femmes plus ouvertement portées sur le sexe. Le personnage du pilote bravache et coureur de jupon interprété par Pat O’Brian ici, et par James Cagney dans « Brumes », est sensiblement identique dans les deux films, mais les deux cinéastes ne l’exploitent pas de la même manière. Ford est moins grivois, moins axé sur le dialogue et plus sur l’action. Ne recherchant pas systématiquement le bon mot, le sous-entendu comme Hawks ; les dialogues où O’Brien courtise la femme d’un pilote sont plus passionnels. De même Cagney joue dans les locaux de l’aéroport la plus grande partie du film, tandis que O’Brien toujours en déplacement bénéficie d’un traitement moins théâtral. Il exécute également toute une série de prouesses aériennes impressionnantes. Ajoutons que Hawks viendra puiser dans « Tête brûlée » d’autres idées lorsqu’il réalisera « Seuls les anges ont des ailes », en particulier le personnage de ce pilote rongé par le remords qui a abandonné à leur funeste sort les passagers d’un avion en perdition. Sinon « Tête brûlée » à toutes les apparences d’une oeuvre de commande comme beaucoup de celles que Ford réalise à cette époque. On y décèle rien de véritablement fordien ; même son humour qui transparaît timidement à travers le personnage de Slim Summerville (ou encore d’Indiens qui, découvrant des voltiges aériennes, pensent que le pilote est saoul) est particulièrement retenu. Ceci étant, le film porté par de nombreuses scènes d’actions, une belle photo de Karl Freund et une bande son de qualité pour l’époque, se découvre sans ennui.

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