THEY HAD TO SEE PARIS

THEY HAD TO SEE PARIS

THEY HAD TO SEE PARIS

Une comédie de Frank Borzage

83  mn

Avec Will Rogers, Irene Rich, Marguerite Churchill, Ivan Lebedeff, Owen Davis Jr., Rex Bell, Fifi D'Orsay
Scénario de Sonya Levien
D'après Homer Croy
Photo de Chester Lyons

RESUME
Dans une petite ville de l'Oklahoma, un garagiste devient millionnaire avec la découverte de pétrole sur l'une de ses propriétés. Sa femme lui propose alors de partir à Paris pour parfaire l'éducation de leurs enfants en âge de se marier.

COMMENTAIRE
Le film est un évènement : c’est la première fois que Will Rogers et Frank Borzage se confrontent au cinéma parlant. Le résultat est une comédie dont le charme provient en grande partie du jeu si particulier de Rogers. Donnant parfois l’impression d’improviser, il joue de son côté nonchalant, malicieux et fruste pour incarner ce personnage de provincial parti en famille, poussé par sa femme, à la découverte d’un monde opposé au sien, Paris en l’occurrence. Son attitude pragmatique et prude, confrontée d’un côté à une aristocratie attachée à ses traditions, et de l’autre à de petites gens frivoles, forme évidemment le ressort de cette intrigue. Les clichés associés à la France et à sa capitale (la romance, le raffinement, les revues de cabaret, les châteaux - aux entrées grandes comme des halls de gare -, le béret aussi) sont autant d’éléments devant lesquels le héros a des réactions amusantes. D’un naturel étonnant et semblant toujours agir en complicité avec le spectateur, Rogers n’est jamais ridicule. Il est même remarquable lorsqu’il joue les messieurs intimidés devant une chanteuse dévergondée qui lui appuie sur le nez pour lui retirer son accent américain nasillard. Après une série de mélodrames fascinants, Borzage s’attaque au parlant avec une comédie où finalement il exprime peu de chose de son style poétique et de son talent à créer des liens particuliers entre des gens qui s’aiment. On peut penser qu’intimider par le procédé, il ne fait là que se familiariser avec lui, se reposant en grande partie sur le talent de Rogers. Il se contente de filmer l’acteur qui, visiblement, improvise et réécrit le scénario à l’instar de la scène où il parle « d’un puits de pétrole sec comme un discours de sénateur », bons mots typiques de Rogers. S’agissant de puits de pétrole, signalons la séquence euphorique où la population de la petite ville se rend à l’ouverture de l’un d’entre eux. Des centaines de tractions, de marcheurs, de voitures à chevaux gravissent, non sans encombre, une colline pour assister au jaillissement d’un pétrole qui forme une marée gluante dans laquelle la foule va se vautrer.

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