THOMAS GARNER

THOMAS GARNER

THE POWER AND THE GLORY

Un drame psychologique de William K. Howard

76  mn

Avec Spencer Tracy, Colleen Moore, Ralph Morgan, Helen Vinson, Henry Kolker, Billy O'Brien, J. Farrell McDonald, Mary Carr
Scénario de Preston Sturges
Musique de Louis De Francesco
Photo de James Wong Howe
Produit par Jesse L. Lasky

RESUME
A la mort d'un directeur de chemin de fer, son secrétaire et homme de confiance relate à sa femme le parcours contesté du magnat : il commença sa carrière au bas de l'échelle et fut poussé par une épouse ambitieuse qu'il finira par quitter.

COMMENTAIRE
« Thomas Garner » inspira Orson Welles lors de l’élaboration de son « Citizen Kane ». Les deux œuvres content la vie controversée d’un magnat à travers le témoignage de ses proches. Une de leurs particularités réside dans la construction du récit : il débute à la mort de l’homme et reconstitue son histoire à l’aide de flash-back ne respectant aucune chronologie. Cette originalité, tant du point de vue du fond que de la forme, avait matière à séduire un réalisateur atypique tel que Welles et ce n’est pas par hasard si l’on trouve au scénario de « Thomas Garner », Preston Sturges, l’un des plus brillants auteurs de la comédie américaine. Son approche ici est extraordinairement pertinente. Il commence son évocation après que le secrétaire attristé du magnat qu’on vient d’enterrer, se soit disputé avec son épouse au sujet de la personnalité du défunt : le secrétaire prétend que c’était un homme exceptionnel alors que sa femme soutient qu’il n’avait aucune morale. Finalement, le récit achevé, c’est un homme capable du meilleur comme du pire, avec ses forces et ses faiblesses qui nous a été dépeint. Il est autoritaire, intransigeant, infidèle, mais également sensible, courageux, déterminé et charismatique. En une heure et quart Sturges revisite la figure angélique du héros traditionnel - qui finalement ne correspond à aucune réalité - pour nous donner à voir un être fait de chair et de sang aussi contestable qu’admirable. Le rôle est assuré par un Spencer Tracy qui, en jouant aussi bien le péquenaud illettré, l’amant transit, que le baron d’industrie, montre toute l’étendue de son jeu.

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