LES TROIS LANCIERS DU BENGALE

LES TROIS LANCIERS DU BENGALE

THE LIVES OF A BENGAL LANCER

Un film d'aventures de Henry Hathaway

109  mn

Avec Gary Cooper, Franchot Tone, Richard Cromwell, Sir Guy Standing, C. Aubrey Smith, Kathleen Burke, Douglas Dumbrille, Monte Blue, Colin Tapley, Akim Tamiroff, J. Carrol Naish, Noble Johnson, Lumsden Hare, Jameson Thomas
Scénario de Waldemar Young, John L. Balderston, Achmed Abdullah, Grover Jones, William Slavens McNutt
D'après Francis Yeats Brown
Musique de Milan Roder
Photo de Charles B. Lang Jr.
Produit par Louis D. Lighton

RESUME
Deux jeunes officiers sortis de l'école rejoignent un régiment de lanciers posté dans une région en révolte aux frontières de l'Inde. Parmi eux, le fils du colonel, ignoré par son père, trouve un précieux soutien en la personne d'un jeune capitaine.

COMMENTAIRE
Avec l’année 1935 débute la mode des grands films d’aventures héroïques. Actes de bravoures, scènes d’actions spectaculaires, dépaysement, mouvement de foule, sont les ingrédients indissociables de ce type de film. La plupart des majors en produisent au moins un cette année-là : la Warner « Capitaine Blood », la MGM « Les révoltés du Bounty », et la RKO « Les trois mousquetaires », (encore jeune, manquant d’ambition en terme de production prestigieuse, la Twenty Century Fox doit se contenter pour sa part de « La fille rebelle » avec Shirley Temple…). En produisant coup sur coup « Les trois lanciers du Bengale » et les « Les croisades », la Paramount n’est pas en reste. Nécessitant des moyens de production importants pour être convaincantes, ces œuvres de prestige peuvent mettre à mal la santé financière d’un studio en cas d'échec. Pour diminuer les risques, ces productions sont le plus souvent confiées à des briscards de la réalisation. On constate ainsi que tous les films cités plus haut sont dirigés par des réalisateurs venus du muet, tous, sauf un, « Les trois lanciers ». Henry Hathaway est un jeune réalisateur de 37 ans lorsqu’il entreprend ce qui deviendra un des classiques du film d’aventures. Modeste réalisateur sous contrat à la Paramount, il n’a dirigé que des westerns de série B avec Randolph Scott et des comédies ternes lorsqu’on lui confie la mise en scène des « Trois lanciers ». Le film lancera sa carrière, faisant de lui l’un des rares grands réalisateurs à avoir débuté au début des années trente. (La plupart débuteront durant le muet ou lors de la Deuxième Guerre mondiale, plus rarement entre ces deux périodes). Malgré sa relative inexpérience, le rythme et l’action qu’il insuffle n’ont rien à envier à ceux d’un Michael Curtiz, d’un Frank Lloyd et autre Cecil B. De Mille, cinéastes des titres ci-dessus et plus habitués à mener des superproductions. Plus encore, concernant la direction de Gary Cooper on peut avancer qu’elle est éclatante tant l’acteur semble naturel et à l’aise - ce qui n’est pas toujours le cas. Aidé par un scénario particulièrement efficace, en partie écrit par le talentueux Waldemar Young qui coécrira également « Peter Ibbetson », autre chef-d’œuvre d’Hathaway réalisé après celui-ci, le cinéaste parvient à rendre de façon admirable l’amitié qui lie les trois jeunes lanciers. Potaches et facétieux entre eux, ils ne sont pas moins unis dans l’adversité et prêts à se sacrifier pour sauver l’autre. Ces deux facettes de leur amitié forment un équilibre entre les séquences comiques et celles plus graves, toutes deux dépourvues de lourdeur. Signalons aussi quelques éléments particulièrement cruels tels que le traître dont on a crevé les yeux et le supplice qui consiste à brûler des pailles sous les ongles. On reconnaît déjà là ce sadisme, curieusement omniprésent dans l’œuvre d’Hathaway.

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