LES TUNIQUES ECARLATES

LES TUNIQUES ECARLATES

NORTHWEST MOUNTED POLICE

Un western de Cecil B. DeMille

125  mn

Avec Gary Cooper, Madeleine Carroll, Paulette Goddard, Robert Preston, Akim Tamiroff, George Bancroft, Preston Foster, Lon Chaney jr, Lynn Overman, Montagu Love, Francis McDonald, George E. Stone
Scénario de Alan LeMay, Jesse L. lasky Jr., C. Gardner Sullivan
D'après R. C. Fetherston-Haugh
Musique de Victor Young
Photo de Victor Milner, W. Howard Greene
Produit par Cecil B. DeMille

RESUME
Vers 1885, au Canada, les Tuniques rouges doivent faire face au soulèvement d'une partie de la population, les métis, qui n'acceptent plus la domination britannique. Le bandit qui est à leur tête est recherché par un Texas Rangers.

COMMENTAIRE
1940, Cecil B. DeMille, dont le cinéma représente le modèle certifié des produits de luxe de l’âge d’or hollywoodien, se devait de passer au Technicolor. C’est ainsi qu’on découvre pour la première fois en couleur une pléiade d’acteurs. Parmi eux, Gary Cooper, fringant Texas Rangers au foulard rouge, à la chemise bleue, au gilet de cuir, au chapeau à bord large, est le modèle parfait du cow-boy. Son apparition a marqué quelques générations de spectateurs ! Il imprime son aura à ce western et ce, même s’il n’a pas le rôle le plus important en termes d’apparition et de ligne de dialogue. (On observe d’ailleurs que souvent, lorsqu’il n’a pas véritablement le rôle principal, il est remarquable. On se rappelle du « Cavalier du désert », tourné la même année, où Walter Brennan est l’interprète principal. De la même manière, son personnage est fascinant dans « Beau Geste », « Le jardin du diable » ou encore « Vera Cruz », où, à chaque fois, c’est un grand acteur à ses côtés qui a le plus de lignes de dialogue). Nous assistons à un spectacle enthousiasmant où l’équilibre entre les grandes scènes d’action et les scènes dialoguées relève d’un sens aigu de la construction du film d’aventure. Une fois n’est pas coutume, les décors de studio où sont tournés les nombreuses scènes d’extérieurs, ne portent pas préjudice à l’ensemble parce que ces décors sont vastes, réalistes et parfaitement éclairés, sans doute à grand renfort de projecteurs. Quant aux raccords avec les plans véritablement tournés en extérieur, ils sont le fruit d’un travail minutieux. Concernant le scénario, on trouve au générique des auteurs qui apparaissent dans d’autres films de De Mille. Fidèle à ses scénaristes, il fera appelle à Jesse L. Lasky Jr. pour toutes ses autres productions à venir, à l’exception de « Sous le plus grand chapiteau du monde ». L’aspect le plus remarquable de l’histoire se concentre sur le sort tragique de la tunique rouge incarnée par Robert Preston. Responsable du massacre de ses frères d’armes pour n’avoir pas su résister aux avances de sa bien-aimée, il est torturé par le remord jusqu’au moment où il est tué par méprise dans un guet-apens que lui à tendu sa fiancée, laquelle voulait lui éviter d’être poursuivi. Ainsi, même si sa conscience le torture, sa faiblesse a conduit à l’extermination d’une section de la police montée, ce qui, pour la morale, est un cas délicat. Considérant, sur la base d’un jugement personnel qui prête à discussion, que Preston mérite d’être réhabilité, le Texas Rangers, l’unique témoin de ce sort tragique, décide de travestir la vérité et d’en faire un héros auprès de ses proches et de ceux déjà prêts à l’exécuter pour désertion. Le spectateur est le seul à connaître la vérité - basée sur un mensonge. Nous devenons ainsi complice du Rangers incarné par Cooper. Ce rapport privilégié avec la figure héroïque du film, auquel on cherche à s’identifier, est un des caractères enthousiasmants du film.

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