BEN-HUR (1925)

BEN-HUR (1925)

BEN-HUR

Un péplum de Fred Niblo

142  mn

Avec Ramon Novarro, Francis X. Bushman, May McAvoy, Betty Bronson, Claire McDowell, Kathleen Key, Nigel De Brulier, Mitchell Lewis, Leo White, Dale Fuller
Scénario de Carey Wilson, Bess Meredyth
D'après Lew Wallace
Musique de William Axt, David Mendoza
Photo de René Guissart, Karl Struss, Percy Hilburn, Clyde de Vinna

RESUME
Alors qu'un nouveau gouverneur romain défile avec ses légions dans les rues de Jérusalem, une tuile de la maison des Hur s'abat sur lui. Immédiatement, un groupe de soldat commandé par un ami du jeune Hur arrête tous les membres de la famille.

COMMENTAIRE
Grâce aux coûts de production réduits à cette époque, le cinéma muet présente les films les plus impressionnants de toute l’histoire du cinéma, en termes de décors et de figuration. On connaît « Intolérance » réalisé en 1916 par David Wark Griffith, mais « Les dix commandements » ou le « Roi des rois » de Cecil B. DeMille, « Scaramouche » de Rex Ingram, « L’aigle des mers » de Frank Lloyd ou « Robin des Bois » d’Allan Dwan restent des œuvres muettes, prises au hasard, dont la richesse de l’image réaliste - en opposition à l’image de synthèse - ne sera jamais égalée, non seulement dans les remakes parlants qui en seront réalisés, mais également dans tout ce qui a pu être produit par la suite. Parmi ces superproductions nombreuses et particulièrement impressionnantes, « Ben-Hur » de Fred Niblo est peut-être la plus monumentale, sinon la plus connue. Niblo n’est pas à son premier coup d’essai. Il a réalisé quatre ans auparavant « Les trois mousquetaires », le premier film véritablement ambitieux de Douglas Fairbanks. La reproduction des intérieurs, des rues de Paris noires de monde, la démultiplication de angles de vue, la richesse visuelle de certains plans relèvent de l’ostentatoire, comme cela était de mise à l’époque. Il réitère l’année suivante avec « Arènes sanglantes », mais il va véritablement se surpasser avec cette histoire de juif dont le destin se confond avec celui du Christ. (La vie de Jésus ayant toujours conduit à des films plutôt ennuyeux, ceci étant peut-être dû à l’intrigue trop connue et aux approches trop idolâtres, il était intéressant de la traiter au travers du destin d’un personnage héroïque). Durant plus de deux heures vingt, avec force images spectaculaires, le cinéaste fait revivre le roman de Lew Wallace sans jamais lésiner sur les moyens. Au point que cette version ne démérite pas face à celle aux onze oscars de William Wyler, réalisée 25 ans plus tard. Des deux séquences emblématiques du film que sont la course de char et la bataille navale, cette dernière demeure insurpassable. On assiste ici à un combat où s’entrechoquent des milliers de combattants et des dizaines de navires. Que ce soit les plans d’ensembles où l’on distingue les soldats par grappes tentant d’échapper aux flammes de bateaux en feu, ou des scènes de combats mettant en prise une foule compacte de figurants, le tout est saisissant. De même, la splendide course de char qui dure une dizaine de minutes se conclut par une collision d’un réalisme surprenant. On découvre également ici un épisode absent dans la version de Wyler : Ben-Hur immensément riche rassemble une armée pour venir en aide au Christ et se dresser contre la suprématie romaine. C’est l’occasion une nouvelle fois de soulever une armée de figurants. Des séquences en technicolor bichrome, essentiellement celles qui mettent en scène des épisodes de la vie du Christ, agrémentent aussi le film. Celle qui représente la Scène est directement inspirée du tableau de Léonard de Vinci. Un bémol tout de même, certaines scènes passionnelles tirent en longueur.

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