LA VALSE DANS L'OMBRE

LA VALSE DANS L'OMBRE

WATERLOO BRIDGE

Un mélodrame de Mervyn LeRoy

109  mn

Avec Vivien Leigh, Robert Taylor, Lucile Watson, Virginia Field, Maria Ouspenskaya, C. Aubrey Smith, Janet Shaw, Janet Waldo, Steffi Duna
Scénario de S.N. Behrman, Hans Rameau, George Froeschel
D'après Robert E. Sherwood
Musique de Herbert Stothart
Photo de Joseph Ruttenberg
Produit par Sidney Franklin

RESUME
A Londres, durant la Première Guerre mondiale, lors d'une alerte, un officier fait la connaissance d'une danseuse de ballet. Ils s'éprennent rapidement l'un de l'autre et sont sur le point de se marier lorsque l'homme est appelé sur le front.

COMMENTAIRE
Remake d’un film de 1931 réalisé par James Whale, ce mélodrame flamboyant aborde un thème que le cinéma de l’époque n’a pas l’habitude de traiter. La prostitution fait en effet partie de ces sujets « indécents » qu'Hollywood évite en ce début des années quarante. Ce thème peut tout juste prendre la forme d’allusions discrètes, si discrètes qu’elles en deviennent souvent ambiguës. Pourtant, dans ce contexte puritain, « La valse dans l’ombre » va traiter de la prostitution sans le moindre équivoque, jusqu’à en devenir le moteur dramatique même du récit. Le film respecte toutefois une pudeur d’usage et prend mille précautions pour ne pas prononcer les mots tabous - ce qui a finalement pour effet de rendre la chose énigmatique et donc plus accrocheuse encore ! Et si l’outrage aux bonnes mœurs est admis ici, c’est certainement parce que l’histoire se déroule en Europe, laquelle n’a jamais été, en terme de morale, un modèle pour les Américains. Il n’est pas certain d’ailleurs que l’Amérique aurait pu être le théâtre de cette histoire ! La morale sera néanmoins sauve puisque l’héroïne qui s’est vendue - pour survivre -, en étant rongée par le remords, expie ce qui est considéré comme une faute. (On sait que dans une religion du salut, en particulier dans la religion chrétienne, l’expiation est l’acte absolu qui permet d’effacer toutes les actions précédentes moralement condamnables). En même temps, la noirceur de son péché rend le drame d’autant plus émouvant. Car cette jeune femme qui se prostitue pour survivre alors qu’elle croit que celui qu’elle aime est mort, a quelque chose de troublant, d’autant qu’elle est interprétée par une admirable Vivien Leigh encore toute auréolée de sa prestation mémorable dans « Autant en emporte le vent ». Bien qu’il se situe durant la Grande Guerre, le film fait également référence aux évènements qui se jouent au même moment en Angleterre. L’histoire est effectivement relatée sous forme d’un long flash back remémoré par le héros alors qu’il est sur le Waterloo Bridge (la cathédrale St Paul est visible dans le fond du décors parfaitement reproduit) et que la Grande-Bretagne vient de déclarer la guerre à l’Allemagne nazi. Ajoutons que Herbert Stothart reprend tout au long du film le thème majeur du « Lac des cygnes » de Tchaïkovski, ballet incontournable que toute ballerine cinématographique, en particulier celle interprétée par Leigh, se doit de danser. La musique de « Ce n’est qu’un au revoir » s’entend également tout au long du film. C’est elle qui accompagne la fameuse valse qui conclut une soirée et durant laquelle les deux amoureux dansent alors que des bougies s’éteignent une à une, scène magnifique qui donnera son titre à la version française.

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