LA VEUVE JOYEUSE

LA VEUVE JOYEUSE

THE MERRY WIDOW

Une comédie musicale de Ernst Lubitsch

99  mn

Avec Maurice Chevalier, Jeanette McDonald, André Berley, Edward Everett Horton, George Barbier, Una Merkel
Scénario de Ernest Vajda, Samson Raphaelson
D'après Victor Leon, Leo Stein, Franz Lehar
Musique de Herbert Stothart
Photo de Oliver T. Marsh
Produit par Ernst Lubitsch

RESUME
En 1885, dans un pays imaginaire, une veuve décide de reprendre goût à la vie et de partir pour Paris. De peur que sa fortune quitte le pays, le roi donne l'ordre à un de ses princes - que les femmes s’arrachent - d'aller la séduire et de l'épouser.

COMMENTAIRE
Partie intégrante du personnage de Maurice Chevalier, le cabotinage chez lui est élevé au rang d’un art. Se pastichant en usant d’un grotesque accent français, il semble garder une distance par rapport à ses rôles et les concevoir avec dérision. Cette attitude s’intègre parfaitement au cinéma d’Ernst Lubitsch qui, lui-même, laisse deviner derrière les apparences les plus conventionnelles, une délicieuse malice. Jamais un réalisateur de sa génération ne se sera tant amusé avec le spectateur, et ce en ajoutant quantités d’éléments discrets - en marge de l’histoire - qui stimulent l’imagination. Que dire de ces scènes où l’on découvre le roi sortir de la chambre de sa femme avec la ceinture d’un autre, ou encore celle où l’ambassadeur retourne arracher une page de son carnet d’adresses qu’il vient de prêter à un tiers, si ce n’est qu’elles ont été conçues pour amener des sous-entendus. De la même manière, pourquoi utiliser des objets afin d’évoquer des situations (le veuvage pesant par la quantité des vêtements noirs), des états d’âme (l’ennui par les pages blanches d’un journal intime) ou des types de relation (la passion par un superbe bracelet) si ce n’est pour établir des codes ? Ainsi, il suffit de noircir le journal, blanchir les habits, et que les bracelets deviennent des menottes, pour exprimer subtilement une idée. Si cela évite de se répandre en explications intempestives, ces apartés ont surtout ceci de remarquable, c’est qu’elles instaurent une complicité entre l’auteur et le spectateur. On en arrive à guetter le clin d’œil, le bon mot, la pirouette, et ne plus voir dans l’intrigue que le support à un brillant échange. Hormis cet aspect qui dénote d’un esprit délectable, le film n’a pas lésiné sur les moyens, et on assiste dans de magnifiques décors à de non moins somptueuses chorégraphies.

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