LA VIE D'ÉMILE ZOLA

LA VIE D'ÉMILE ZOLA

THE LIFE OF EMILE ZOLA

Un drame historique de William Dieterle

111  mn

Avec Paul Muni, Joseph Schildkraut, Gale Sondergaard, Donald Crisp, Gloria Holden, Erin O'Brien Moore, Henry O'Neill, Morris Carnovsky, Louis Calhern, John Litel, Ralph Morgan, Robert Barrat, Vladimir Sokoloff, Grant Mitchell, Harry Davenport, Robert Warwick, Gilbert Emery, Walter Kingsford, Montagu Love, Frank Sheridan, Lumsden Hare, Marcia Mae Jones, Florence Roberts, Dickie Moore
Scénario de Norman Reilly Raine, Heinz Herald, Ceza Herczeg
D'après Heinz Herald, Ceza Herczeg
Musique de Max Steiner
Photo de Tony Gaudio
Produit par Henry Blanke

RESUME
@S@C(JS)@F.Zola vit pauvrement lorsque son roman « Nana » remporte un franc succès et le rend riche et célèbre du jour au lendemain. La publication de ses livres se succède, il est reconnu et respecté, quand éclate l'affaire Dreyfus.

COMMENTAIRE
Après le succès remporté par « La vie de Louis Pasteur » sorti l’année précédente, la Warner - sans un certaine réticence au début - entreprend de produire un film calqué sur le même modèle avec une nouvelle fois Paul Muni dans le rôle principal et William Dieterle à la réalisation. Comme précédemment, l’œuvre retrace la vie d’un Français illustre et insiste sur sa détermination à combattre les abus et le sectarisme des puissantes institutions conservatrices de son époque : après le corps médical dans « Pasteur », ce sera l’armée ici. Car plus que la vie de Zola l’écrivain, qui ne concerne qu’une demi-heure du film, c’est l’intervention de l’artiste dans l’affaire Dreyfus qui forme le thème central du récit. Et comme dans « La vie de Louis Pasteur » on découvre un homme banni qui n’en continue pas moins à vouloir imposer sa vérité, une pugnacité se révélant au final bénéfique pour toute la société. Outre la condamnation de l’étroitesse d’esprit se manifestant en particulier au travers de l’antisémitisme - dont il ne sera fait référence qu’à travers le mot « juif » pris en gros plan -, c’est tout un pouvoir centralisé et imbu de lui-même qui est remis en cause à travers l’action de Zola. Cette façon particulière d’adapter la biographie d’un homme illustre, approche que le studio réitérera plusieurs fois par la suite, s’avérera payante puisqu’elle sera accompagnée d’un nouveau succès et de nombreux Oscars, dont celui du meilleur film. Il faut dire que la Warner met tout en œuvre pour valoriser sa production. Elle lui affecte de très nombreux seconds rôles talentueux, reconstitue une pertinente France du 19ème siècle, ne lésine pas sur les plans larges balayant de vastes décors à la figuration riche (le tribunal, la cour où Dreyfus est déchu puis réhabilité, les rues populeuses) et impose un scénario particulièrement nourri et travaillé. En revanche l’interprétation de Muni demeure crispante. Si elle est particulièrement impressionnante lorsque, par exemple, il récite - en un unique plan de dix minutes - un long plaidoyer, elle n’en demeure pas moins théâtrale et excessive. Pour la petite histoire, en 1937 Jack L. Warner fut décoré de la légion d’honneur pour ce film - et le « Pasteur » -, ce qui n’empêche par « La vie d’Emile Zola » d’être interdit en France pour motif que les artistes qui y sont décrits étaient « des caricatures involontaires mais grotesques » ! En fait, entre la remise de la légion d’honneur et la sortie du film, les conservateurs reviennent au pouvoir et voient d’un très mauvais œil l’image qui y est faite de l’armée française…

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