LA TAVERNE DE L'IRLANDAIS

LA TAVERNE DE L'IRLANDAIS

DONOVAN'S REEF

Un film d'aventures de John Ford

106  mn

Avec John Wayne, Lee Marvin, Elisabeth Allen, Jack Warden, Cesar Romero, Dorothy Lamour, Mike Mazurki, Marcel Dalio, Edgar Buchanan, Patrick Wayne, Aissa Wayne
Scénario de Frank S. Nugent, James Edward Grant
Photo de William H. Clothier
Produit par John Ford

RESUME
Une jeune femme débarque dans une île française du Pacifique pour vérifier les moeurs d'un père qu'elle n'a jamais connu et qui s'est établi là comme médecin après la guerre. L'enquête déterminera lequel des deux peut prétendre à l' héritage d'une tante.

COMMENTAIRE
Exception faite des téléfilms et des courtes apparitions, « La taverne de l’Irlandais » se présente comme la treizième et dernière collaboration d’un des plus charismatiques tandem d’acteurs-réalisateurs du cinéma américain. « La chevauchée fantastique », la trilogie sur la cavalerie U.S., « L’homme tranquille », « La prisonnière du désert », ce duo se révèle comme une des plus sûres machines à faire des chef-d’œuvres. Si John Wayne doit sa carrière à John Ford, en contrepartie ce dernier doit à l’acteur de lui avoir apporté la stature qui convenait à son cinéma. Et ce n’est pas sans raison si Wayne est présent dans la plupart des grandes réussites de la dernière période fordienne. Il incarne la face déterminée et pragmatique de Ford en opposition à celle plus tourmentée et lyrique personnifiée par Henry Fonda, l’autre grand acteur fordien. Ceci étant, tous les films du tandem ne sont par des réussites. Avec « L’aigle vole au soleil », « La taverne de l’Irlandais » est sans doute leur plus inintéressant. Ersatz exotique de « L’homme tranquille », ce film en reprend grossièrement toutes les ficelles - jusqu'à tenter de remplacer Victor McLaglen, mort en 1959, par Mike Mazurki au physique comparable, ou de refaire la bagarre épique. Le film reproduit le schéma du chef-d’œuvre irlandais de Ford où dans un milieu viril une femme de caractère s’impose face à des machos. Si les apparences de celui qu’elle aime sont définitivement sauves (il lui inflige une fessée avant de l’embrasser), c’est elle qui au final est la véritable détentrice de l’autorité. On comprend que ces rapports aient enchanté Ford, mais à 68 ans il ne semble plus avoir le talent pour traiter un sujet qui a vite fait de sombrer dans le grotesque. De la même manière, il ne trouve plus le ton juste aux gags et a des difficultés à empêcher Wayne de cabotiner. On retiendra néanmoins les séquences où des Chinois sollicitent avec insistance un bandit manchot que les propriétaires croient être un juke-box. Si ce sont les scènes les plus amusantes du film elles ne sont pas dénuées d’une certaine connotation raciste typiquement fordienne.

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