COMMENT VOLER UN MILLION DE DOLLARS

COMMENT VOLER UN MILLION DE DOLLARS

HOW TO STEAL A MILLION

Une comédie policière de William Wyler

127  mn

Avec Audrey Hepburn, Peter O'Toole, Eli Wallach, Hugh Griffith, Charles Boyer, Fernand Gravet, Marcel Dalio, Jacques Marin, Moustache
Scénario de Harry Kurnitz
D'après George Bradshaw
Musique de Johnny Williams
Photo de Charles B. Lang Jr.
Produit par Fred Kohlmar

RESUME
La fille d'un faussaire propose à un cambrioleur, qu'elle a surpris en flagrant délit, de l'aider à voler une statue que son père a prêtée à un musée réputé de Paris car l'expertise qui doit être effectuée sur l’œuvre d’art risque d'incriminer son père.

COMMENTAIRE
Le film fait inévitablement penser à « Ariane » de Billy Wilder : même lieu, Paris, même actrice principale, Audrey Hepburn, même type d’héroïne qui vit avec un père un peu fantasque. Mais comme beaucoup de films de William Wyler, cette comédie sophistiquée ne bénéficie pas de la même critique enthousiaste. (« Hatari », écrit par le même Harry Kurnitz, mais traité avec une lourdeur éléphantesque en comparaison, est entouré d’une critique dithyrambique !) Hormis un début un peu long et une prestation horripilante de Charles Boyer, « Comment voler un million de dollars » conserve pourtant un ton juste. Wyler, dans une comédie loufoque comme ici, ne cède pas à la facilité en rajoutant des tonnes d’effets. La sobriété et la justesse de sa mise en scène relève de la lucidité et du raffinement. La séquence du vol de la statue est de ce point de vue un modèle, plus particulièrement les réactions d'un Jacques Marin interprètant le gardien-chef du musée qui doit faire face à des sonneries intempestives, et, finalement, au vol de l’objet précieux. Ce petit rondouillard, qui représente le Français moyen dans bons nombres de films importants de l’époque, a souvent un jeu outrancier. Il est remarquable de voir comment Wyler canalise son jeu pour apporter juste ce qu’il faut de comique. Lorsque Marin découvre la bouteille à la place de la statue, la caméra se contente de faire un gros plan sur son visage consterné. Tout est dans le même esprit : alors que le cambrioleur incarné par Peter O’Toole aurait pu faire sonner un grand nombre de fois l’alarme qui protège la statue, il ne la fait sonner que deux fois. Cette sobriété n’empêche pas quelques fois une touche plus exubérante. Le bras d’honneur discret de Moustache, autre personnage incontournable du cinéma français, est formidable à cet effet.

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