BOULE DE FEU

BOULE DE FEU

BALL OF FIRE

Une comédie de Howard Hawks

115  mn

Avec Gary Cooper, Barbara Stanwyck, Oscar Homolka, Dana Andrews, Dan Duryea, Henry Travers, S. Z. Sakall, Tully Marshall, Richard Haydn, Aubrey Mather, Allen Jenkins, Kathleen Howard, Mary Field, Charles Lane, Elisha Cook jr
Scénario de Charles Brackett, Billy Wilder
D'après Billy Wilder, Thomas Monroe
Musique de Alfred Newman
Photo de Gregg Toland
Produit par Samuel Goldwyn

RESUME
Vivant en reclus, huit professeurs, spécialistes dans leur domaine respectif, élaborent une encyclopédie pour le compte d’une fondation, lorsque l’un d’eux, grammairien, décide de parcourir la ville afin de compléter son glossaire d’argot.

COMMENTAIRE
« Boule de feu » est le dernier scénario coécrit par Billy Wilder avant qu’il ne passe lui-même à la mise en scène. Quelque temps après que le professeur Oddly, spécialiste en botanique, ait avoué qu’il n’a pu résister à l’envie de voler de la confiture de fraise alors qu’il étudiait les variétés de ce fruit, une vieille gouvernante prévient ainsi un physiologiste en train d’écrire un article sur la sexualité : « Tachez d’avoir plus de contrôle de vos réflexes que le professeur Oddly ! ». On reconnaît là toute la malice grivoise de Wilder. Le sujet lui-même est caractéristique de ce maître de la comédie. Cette splendide créature incarnée par une Barbara Stanwyck provocante et affriolante, qui vient semer le trouble et créer l’émoi dans cette communauté de vieux célibataires - qui subliment leur libido par l’étude de leur discipline -, annonce la Marilyn Monroe de « Sept ans de réflexion » ou de « Certains l’aiment chaud ». Toutes deux déclenchent chez l’homme le plus sage, le plus prude, le plus concentré sur sa tâche des désirs incontrôlables et cela ne peut manquer de faire rire. Chercher la trivialité et l’animalité qui se cache en chacun de ces êtres d’apparence si policée a toujours été exploité par Wilder à des fins comiques. Mais si l’on considère « L’impossible monsieur Bébé », « Chérie, je me sens rajeunir », ou encore « Les hommes préfèrent les blondes », on s’aperçoit que Howard Hawks apprécie également ce type d’humour. Cependant, à la différence de Wilder, il est moins machiste, la femme est moins un objet de tentation. En revanche son comique joue plus avec l’ambiguïté sexuelle et aime à inverser les rôles. Chez Hawks, la femme a quelque chose de masculin, de dominateur, alors que l’homme, à l’inverse, est souvent un être faible, sans personnalité. Il est rarement un séducteur ou un obsédé comme peuvent l’être certains héros de Wilder. Cette ambivalence hawksienne est présente dans « Boule de feu ». Car tous ces professeurs, en commençant par le plus jeune et le plus fringuant, interprété par Gary Cooper, sont des nigauds sans expérience qui se laissent mener stupidement par une Stanwyck délurée. Celle-ci est incontestablement le personnage imposant et dominant du film - jusqu’au dénouement où, pour faire bonne mesure, on lui redonne le rôle de l’amoureuse soumise. Son assurance, cette impression qu’elle connaît tout de la sexualité effrayent inévitablement ces célibataires, et c’est certainement ce qui amuse Hawks. Le film tente l’harmonieuse synthèse de deux sensibilités, en faisant du personnage de Stanwyck à la fois un objet sexuel et une source d’angoisse.

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