LE BRIGAND BIEN-AIMÉ (1939)

LE BRIGAND BIEN-AIMÉ (1939)

JESSE JAMES

Un western de Henry King

105  mn

Avec Tyrone Power, Henry Fonda, Randolph Scott, Brian Donlevy, Henry Hull, John Carradine, Nancy Kelly, Donald Meek, Slim Summerville, J. Edward Bromberg, Jane Darwell, John Russell, Harold Goodwin, Willard Robertson, George Chandler, Spencer Charters, Charles Halton, Erville Alderson, Eddy C. Waller, George Breakstone, Charles Middleton, Ed Le Saint, John Elliott, Lon Chaney jr, Don Douglas, Harry Holman, James Flavin
Scénario de Nunnally Johnson, Curtis kenyon, Gene Fowler
D'après Rosalind Shaffer
Musique de Louis Silvers
Photo de George Barnes, W. Howard Greene
Produit par Darryl Francis Zanuck, Nunnally Johnson

RESUME
Un représentant des chemins de fer rachète sous la mence et à vil prix la terre des paysans. Les frères James vont le recevoir avec les poings et les armes. Cette attitude leur attirera des ennuis et conduira leur mère au trépas.

COMMENTAIRE
Sur la cinquantaine de films sonores qu’il réalisa, Henry King ne fit que trois westerns : « La cible humaine », « Les Bravados » et celui-ci, (« Ramona » étant plutôt un mélodrame). Ces trois incursions dans le genre menèrent à trois chef-d’œuvres d’une grande unité. Malgré les décennies qui séparent leur mise en œuvre, une constante apparaît dans le traitement du personnage principal. Il est toujours l’auteur d'actions criminelles et pourtant, loin d’être le méchant du film, il en est la figure héroïque. En fait, c’est un héros romantique, initialement honnête et loyal, dont le tort est d’être habité par des démons qu’une agression extérieure vient réveiller pour le torturer. Incapable de soulager sa souffrance autrement qu’en usant de la violence, il entre dans une spirale qui le mène à sa perte. Ce n’est jamais un héros solitaire, célibataire et sans attache : il a - ou a eu - un foyer et aspire à être un bon père de famille. Ce rêve qu’il ne peut mener à bien, fait de lui une victime du destin et suffit à inspirer de la compassion à son égard. En injectant les moyens nécessaires, et en rassemblant le meilleur de ce que peut offrir la Fox à cette époque en terme de talent, Darryl F. Zanuck produit là une œuvre accomplie. En le comparant aux « Conquérants », autre western de prestige distribué la même année, mais par la Warner celui-ci, on constate que le personnage interprété par Tyrone Power a une complexité que n’a pas Errol Flynn, la vedette warnerienne, et est plus original malgré son manque de panache. Cette différence, essentiellement due au scénario, traduit bien l’intérêt de Zanuck pour les histoires de qualité et son assurance dans ses choix. Tout autre producteur aurait rechigné à générer une telle débauche de moyens pour conter l’histoire d’un personnage aussi complexe que Jesse James.

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