L' ADIEU AU DRAPEAU

L' ADIEU AU DRAPEAU

A FAREWELL TO ARMS

Un drame de Frank Borzage

89  mn

Avec Helen Hayes, Gary Cooper, Adolphe Menjou, Mary Philips, Jack LaRue, Blanche Frederici, Mary Forbes, Gilbert Emery, Henry Armetta
Scénario de Benjamin F. Glazer, Oliver H. P. Garrett
D'après Ernest Hemingway
Musique de Ralph Rainger
Photo de Charles B. Lang Jr.
Produit par Frank Borzage

RESUME
@P.En Italie durant la Grande Guerre, un jeune lieutenant ambulancier s'éprend d'une infirmière. Blessé pendant un bombardement, il est ramené à Milan où il retrouve celle qu'il aime. Après une convalescence idyllique, il doit regagner le front.

COMMENTAIRE
Ernest Hemingway puise dans ses souvenirs de soldat le cadre de cette passion amoureuse perturbée et finalement anéantie par les affres de la guerre. Il publie « A Farewell to Arms » en 1929. Le succès est immédiat, ce qui encourage la Paramount à en faire une adaptation cinématographique ambitieuse trois ans plus tard. A l’époque, qui mieux que Frank Borzage peut mettre en scène cet amour tourmenté - résumé dans le double sens du titre anglais, (Arms » étant à la fois les « armes » et les « bras ») - que toute l’Amérique avait salué ? A la Fox où il partage la vedette avec Friedrich Wilhelm Murnau, - et dans une moindre mesure avec John Ford -, il avait réalisé quelques-uns des plus beaux mélodrames de ces dernières années lorsqu’il est sollicité par la Paramount. Son talent avait été reconnu par l’ « Académie » qui venait de lui décerner un Oscar pour « Bad Girl ». Perçu certainement comme un gage de succès, le studio fait appel à un autre lauréat de l’année 1931, Helen Hayes. L’actrice, placée première au générique devant Gary Cooper, avait remporté la précieuse statuette pour sa prestation dans « La faute de Madelon Claudet ». Si rétrospectivement Borzage s’avère un excellent choix, celui de Hayes est plus discutable. Peu photogénique, de petite taille, elle forme avec Cooper un couple contrasté fleurant le ridicule. (D’ailleurs sa carrière tournera court. Elle disparaîtra des écrans trois ans après ce film - elle y réapparaîtra presque vingt ans plus tard). Mis en valeur par un Adolphe Menjou volubile et paternaliste, en revanche Cooper enchante. Du soldat insouciant il gagne peu à peu en gravité pour atteindre la grâce dans le plan final d’une poésie rare touchant à ce mysticisme propre à Borzage. Celui-ci parvient une nouvelle fois à créer une complicité surprenante entre les amants, particulièrement visible dans la scène où le héros est sur le point de repartir au front. A côté de cela le cinéaste, à la manière d’un Rouben Mamoulian - qui œuvre également à la Paramount à ce moment-là -, agrémente son film de nombreuses touches formelles. Outre la superposition d’images apocalyptiques accompagnant la désertion du héros, ou le jeu sur les ombres, on trouve une scène en caméra suggestive, procédé utilisé quelques mois auparavant dans « Docteur Jekyll et Mister Hyde ».

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