ADIEU JEUNESSE

ADIEU JEUNESSE

REMEMBER THE DAY

Un mélodrame de Henry King

83  mn

Avec Claudette Colbert, John Payne, John Shepperd, Ann Todd, Douglas Croft, Jane Seymour, Anne Revere, Frieda Inescort, Harry Hayden
Scénario de Tess Slesinger, Frank Davis, Allan Scott
D'après Philo Higley, Philip Dunning
Musique de Alfred Newman
Photo de George Barnes
Produit par William Perlberg

RESUME
Alors qu'elle attend dans un hall d'hôtel l'hypothétique passage d'un candidat à la présidence de la République, une femme âgée se remémore son passé d'institutrice, ses amours avec un professeur de sport et l'amitié qui la liait à un petit garçon.

COMMENTAIRE
Henry King réalise une œuvre attachante où le modeste et malheureux destin d’une institutrice stoïque et dévouée se retrouve lié à celui qui incarne la réussite, un prétendant à la présidence de la République. Il est difficile de ne pas verser une larme lorsque cette vieille dame revoit, au détour de l’étape d’une campagne électorale, ce candidat très entouré et sollicité qui fut des années auparavant son élève préféré. L’émotion survient lorsque cette femme perdue dans la foule des badauds est enfin reconnue pour son rôle dans la vie de cet homme ; notre connaissance de leur passé nous invite à comprendre tout le sens de cette rencontre. Derrière cet aspect, qui constitue le dénouement du film, l’histoire aborde un thème attendrissant, qui ne peut manquer de troubler l’écolier qui sommeille en chacun de nous, l’amour inavouable ressenti pour son institutrice. Faisant appel à des sentiments inaccoutumés, le film montre un petit garçon qui va jusqu’à déclencher une véritable crise de jalousie lorsqu’il surprend son institutrice dans les bras de son futur mari. Plus surprenante encore est la scène où ce garçon et le mari, penchés à la même fenêtre d’un train, quittent pour toujours cette femme laissée sur le quai. On ne peut s’empêcher d’y voir un ambigu - mais non moins fascinant - parallèle amoureux, même si dans ses rapports avec le garçon, l’institutrice jouée par une merveilleuse Claudette Colbert, laquelle inspire la respectabilité, ne déborde jamais du cadre étroit de l’amour filial. A côté de cela, le film a toutes les caractéristiques d’une production Fox. Outre la présence de l’insipide John Payne qui apparaît dans nombre de films du studio à l’époque, on reconnaît cet attachement à une Amérique du passé doucereuse qui relève plus du fantasme que de la réalité historique. La plus grande partie de l’histoire se déroule en effet avant la Première Guerre mondiale, et l’univers décrit s’apparente à une sorte de paradis où les gens vivent heureux et en parfaite harmonie. Les tensions qui apparaissent sont superficielles et peu aptes à affecter durablement les protagonistes. Loin de porter préjudice au propos, cette approche, désuète il est vrai, s’accorde parfaitement avec la nostalgie qui se dégage du film.

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