LUCKY NIGHT

LUCKY NIGHT

LUCKY NIGHT

Une comédie de Norman Taurog

79  mn

Avec Mirna Loy, Robert Taylor, Joseph Allen, Henry O'Neill, Douglas Fowley, Bernard Nedell, Charles Lane, Bernadene Hayes, Gladys Blake, Marjorie Main, Edward Gargan, Irving Bacon, Oscar O'Shea
Scénario de Vincent Lawrence, Grover Jones
D'après Oliver Claxton
Musique de Franz Waxman
Photo de Ray June
Produit par Louis D. Lighton

RESUME
La jeune héritière d'un nagnat de l'acier décide de quitter la maison familiale pour aller gagner sa vie. Refusée de tous les emplois où elle se présente, elle finit sur le banc d'un parc où elle rencontre un jeune homme qui prend la vie à la légère.

COMMENTAIRE
Œuvre d’un réalisateur aussi peu enthousiasmant et impersonnel que Norman Taurog, « Lucky Night » se révèle une surprise. Il faut dire que le film repose essentiellement sur son scénario et que celui-ci est crédité par deux excellents scénaristes. Vincent Lawrence écrit l’un des meilleurs « Harold Lloyd », « Silence, on tourne ! », et contribue au script de « Peter Ibbetson », tandis que Grover Jones coécrit quelques uns des chefs-d’œuvre que Henry Hathaway tourne à la Paramount : « Les trois lanciers du Bengale », « La fille du bois maudit », « Le retour du proscrit », entre autres. L’histoire relate de façon appuyée mais toujours charmante, le parcours d’un couple dont le bonheur et la chance s’effritent à mesure qu’il s’installe dans la routine. Désirant s’échapper du cadre établi dans lequel elle a été élevée, une jeune héritière rencontre un être excentrique qui ose tout, qui s’amuse, qui s’évertue à vouloir continuellement surprendre, et tous deux vont mordre la vie à pleines dents. Interprétés par Mirna Loy et Robert Taylor - dont c’est la seule collaboration au cinéma alors qu’ils sont tous deux sous contrat à la MGM -, ce couple vit des premiers moments fabuleux où tout leur sourit. Le même soir, à force d’oser, ils gagnent au jeu, décrochent une voiture à une tombola, vont jusqu’à empocher une prime pour avoir arrêté un gangster, autant d’évènements improbables mais qui confortent l’idée de sortir des sentiers battus pour être heureux. Puis ce couple se marie et s’installe. Alors, au grand désespoir de l’époux, la femme commence à apprécier cette vie rangée où la pose de rideaux devient l’élément majeur de l’existence. C’est alors que plus rien ne leur réussit. Sorte de conte philosophique plutôt doux-amer, le propos soulève des questions sur le bonheur et le sens de la vie. Somme toute assez audacieux de la part d’un Hollywood conservateur, la routine et les usages sont perçus ici comme des entraves au bonheur, alors que l’excentricité, l’audace, la folie, la fête, la surprise paraissent en être le fermant.

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