HELLO, SISTER

HELLO, SISTER

HELLO, SISTER/WALKING DOWN BROADWAY

Une comédie dramatique de Alfred L. Werker et de Eric Von Stroheim

62  mn

Avec James Dunn, Zasu Pitts, Minna Gombell, Boots Mallory, Astrid Allwyn, James Flavin, Claude King, Henry Kolker, Hattie McDaniel, Terrence Ray, Walter Walker
Scénario de Harry Ruskin, Leonard Spigelgass, Eric Von Stroheim
D'après Dawn Powell
Photo de James Wong Howe
Produit par Sol M. Wurtzel

RESUME
Lors d'une promenade dans les rues de New York, deux amies en mal d'amour sont accostées par deux jeunes hommes. La plus séduisante se lie avec le plus filou avant de se raviser et de tomber amoureuse du plus sage, au grand désespoir de son amie.

COMMENTAIRE
« Hello, Sister » est le dernier grand film auquel Eric Von Stroheim participe en tant que réalisateur. Comme « Queen Kelly », sa précédente réalisation, il ne l’achève pas suite à des divergences avec la production. C’est à Alfred L. Werker que reviendra cette tâche difficile. Non dénué de talent, ce dernier parvient à conserver l’intérêt du spectacle même s’il dénature le travail original de Stroheim - comme cela lui a été souvent reproché. Finalement, le résultat est un film hétérogène où se succèdent des scènes singulières, réalisées par Stroheim, et des scènes honnêtes, mais plus ordinaires, tournées par Werker. Parmi ces scènes singulières on notera la tentative de viol, la chute dans un égout, la dispute sous une pluie battante, propres au style provocateur de Stroheim et, de façon plus formelle, celle, fameuse, où des amoureux recroquevillés sous une table, montent dessus pour finalement accéder à une faîtière et regarder les étoiles depuis les toits. Werker, plus sobre, se contente pour sa part de donner une tenue à l’ensemble en tournant toutes les scènes sans surprises qui composent le film. Le scénario fait mine à maintes reprises de sombrer dans le mélodrame le plus noir avant de se rétracter in extremis. C’est ainsi que des quiproquos, des malentendus, mettent continuellement en péril l’histoire d’amour simple (qui n’est pas sans rappeler celle de « Solitude » réalisé par Paul Féjos) que vivent les deux personnages principaux. La séquence où la jeune femme est sauvée d’un incendie - efficacement mis en scène par Stroheim - est typique de cette tendance à éviter un drame qui se présente comme inéluctable. Est-ce dû à une volonté de la production qui souhaite adoucir le propos, ou bien était-ce voulu par Stroheim ? Rappelant son rôle dans « Les rapaces » (également réalisé par Stroheim, et largement raccourci comme « Hello Sister »), Zasu Pitts, incarne une jeune femme jalouse prête à semer le malheur. Mais à l’inverse des « Rapaces », elle se rétracte au dernier moment. Il semblerait que cela n’ait été choisi que pour contenter les besoins d’un happy end car si l’on s’en réfère au dénouement des « Rapaces », on peut penser que Stroheim ne lui avait pas préparé une fin aussi puérile.

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