LES DEUX CAVALIERS

LES DEUX CAVALIERS

TWO RODE TOGETHER

Un western de John Ford

109  mn

Avec James Stewart, Richard Widmark, Shirley Jones, Linda Cristal, Andy Devine, John McIntire, Paul Birch, Willis Bouchey, Henry Brandon, Harry Carey jr, Ken Curtis
Scénario de Frank S. Nugent
Musique de George Duning
Photo de Charles Lawton
Produit par Stan Shepner

RESUME
Espérant retrouver leurs enfants kidnappés par les Indiens de nombreuses années plus tôt, des familles se sont regroupées en lisière du territoire Comanche. L'armée fait appel à un Shérif cynique pour aller rechercher ces enfants.

COMMENTAIRE
John Ford perd en lucidité. Il ne réussit plus à doser le jeu de ses interprètes dont le ton est parfois excessif et manque d'originalité. L'interprétation de Richard Widmark est correcte parce que son personnage est classique, mais James Stewart, dont le personnage est plus complexe, cabotine. Ce film qui reprend certains thèmes de la « prisonnière du désert » montre à nouveau l'Indien sous un angle peu favorable. Comme John Wayne, James Stewart interprète un personnage contradictoire et ambigu quant à ses véritables sentiments envers ce peuple. Cette ambiguïté qu'on ne peut s'empêcher d'attribuer à John Ford, permet ici de montrer que certains hommes blancs sont aussi des sauvages et ne valent pas mieux que les cruels Comanches qu'ils condamnent. Ainsi, qu'ils soient Blancs ou Rouges, ces hommes sont renvoyés dos à dos par John Ford, faisant de ce film une œuvre pessimiste et amère. Hélas, cet aspect, qui aurait pu être la force du film et qui a sans doute séduit John Ford, est asphyxié par une mise en scène maladroite. D'ailleurs, la scène du bal est un concentré de ces maladresses qui apparaissent maintenant dans l'œuvre de Ford. On retrouve ce qui faisait son originalité, mais trop appuyé, cela devient des caricatures. Pour exemple, le défilé des mégères qui s'assoient près de l'Indienne pour lui poser des questions indiscrètes, ou encore Richard Widmark boxant des officiers qui ne voulaient pas danser avec cette même indienne. Tout ce qui était exprimé précédemment avec délicatesse et faisait la supériorité du cinéma de Ford est maintenant grossièrement appuyé et tombe à plat. Reste une longue et magnifique scène de dialogue entre Widmark et Stewart au bord d’une rivière. Tranchant par sa poésie et son souffle, on y retrouve le grand Ford.

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