L' OPÉRATEUR

L' OPÉRATEUR

THE CAMERAMAN

Une comédie de Edward Sedgwick

76  mn

Avec Buster Keaton, Marceline Day, Harold Goodwin, Harry Gribbon
Scénario de Richard Schayer, Clyde Bruckman, Lew Lipton
Photo de Elgin Lessley
Produit par Buster Keaton

RESUME
Un photographe s’éprend de la secrétaire d'une agence de reporter. Il décide alors de se procurer une caméra et d'attendre une occasion favorable pour se déclarer. Quand celle-ci se présente, c'est le fiasco, son reportage est affreusement mal filmé.

COMMENTAIRE
Entre « Cadet d’eau douce », son précédent film, et « L’opérateur », Buster Keaton semble s’être éteint. La scène de la cabine où il se déshabille en présence d’un personnage corpulent fait clairement apparaître qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même. Bâclée, de l’ordre de l’improvisation, cette séquence interminable est pitoyable : elle n’est pas digne de l’auteur du « Mécano de la Général ». L’émergence soudaine de cette médiocrité coïncide avec son arrivé à la MGM. L’œuvre des grands comiques tels que Keaton, Charlie Chaplin ou Harold Lloyd est souvent associée au génie. Mais plus que le génie, c’est le travail, le temps, l’exigence et l’expérimentation qui ont permis à ces artistes de produire des œuvres universelles. En entrant à la MGM, Keaton perd une grande partie de son autonomie et avec elle cette « réflexion » indispensable à l’élaboration d’un grand film burlesque. Le cinéma industrialisé, organisé, ne semble pas convenir à ce genre. Chaplin et Lloyd l’on bien compris et ce sont longtemps gardés de succomber aux chant des sirènes. L’armée de gagmans que Keaton a maintenant à sa disposition ne peut remplacer un travail artisanal fait de tâtonnements, de remise en question, de recherches. Pour revenir à la séquence de la cabine, elle semble avoir été filmée en quelques prises - toutes conservées pour le film - à partir d’une vague idée, et ceci avec l’espoir que la présence de Keaton sera suffisante pour faire rire. Nous sommes loin du gag éclatant, surprenant et abouti qui caractérise son œuvre. S’ajoute à ce côté expédié, l’insistance du thème comique qui fait inévitablement songer à du remplissage et à une absence d’inspiration : scènes avec le policier, la vitre brisée. Ceci étant, la suite sera pire encore, en l’occurrence « Le figurant ». On peut sauver ici, outre la belle fin, quelques gags intéressants : la fiancée rejoint pas Keaton avant qu’elle n’ait raccroché le téléphone, la voiture de pompier qui le ramène à la caserne, ou encore le voyage sur le garde-boue d’un bus.

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