MARINE… D'ABORD !

MARINE… D'ABORD !

TELL IT TO THE MARINES

Une comédie dramatique de George W. Hill

103  mn

Avec Lon Chaney, William Haines, Eleanor Boardman, Warner Oland, Mitchell Lewis
Scénario de Richard Schayer
Photo de Ira Morgan
Produit par George W. Hill

RESUME
Un jeune provincial impertinent utilise son ordre d'incorporation dans les Marines pour se déplacer en train et rejoindre un champ de courses. Mais rapidement démuni, il rejoint la caserne où un sergent baroudeur va tenter de le mâter.

COMMENTAIRE
Le film fut l’un des plus importants succès MGM de l’année et révéla William Haines. Si la présence au générique de Lon Chaney et de George W. Hill pouvait expliquer, a priori, ce succès, sa vision nous laisse dubitative quant à sa légitimité. La postérité semble aussi avoir émis des doutes puisque le film est quasiment oublié aujourd’hui, comme Haines d’ailleurs. (Haines remporta pourtant de nombreux succès - tous oubliés - jusqu’au début des années Trente où il mit un terme à sa carrière pour devenir décorateur). Ce n’est pas pour autant un film sans intérêt, Chaney y est toujours aussi envoûtant et les scènes de combat finales, entre les Marines et les bandits chinois, dénotent du savoir-faire de Hill. De plus, les rapports entre le sous-officier autoritaire et le jeune bleu irréductible, ainsi que leur intérêt commun pour l’infirmière incarnée par Eleanor Boardman, constituent la base d’une intrigue prometteuse. Mais le traitement oscille maladroitement entre comédie et drame pour être, en définitif, trop désinvolte. Certaines scènes manquent de passions, en particulier celles entre Haines et Boardman qui tirent en longueur. Cette froideur est en partie due au jeu et à l’expressivité de Haine - plutôt faits pour la comédie - qui manque de l’intensité d’un John Guilbert ou d’un Rudolph Valentino. Les scènes répondant le mieux à l’esprit du film sont encore celles où il est inexpressif. Et s’agissant des relations viriles entre Chaney et Haines, elles sont en dessous de ce qu’elles pourraient être. Haines cabotine, lorsqu’il ne se cure pas le nez, il nargue ses camarades en leur tirant la langue. Ainsi, la crainte naturelle qu’inspire Chaney, et qui fait la force de son personnage, se délite face à cet acteur qui inspire l’ironie. Alors qu’il colle parfaitement à son rôle de sous-officier brutal, Chaney, incapable d’imposer véritablement son autorité à cette nouvelle recrue qui semble se moquer de lui, perd de son aura. D’autant que les auteurs font de Chaney l’individu malheureux en amour qu’il a l’habitude d’incarner dans la plupart de ses films, ce qui s’accorde difficilement avec un personnage léger similaire à celui interprété par Haines.

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