NEW MEXICO (1961)

NEW MEXICO (1961)

THE DEADLY COMPANIONS

Un western de Sam Peckinpah

93  mn

Avec Maureen O'Hara, Brian Keith, Steve Cochran, Chill Wills, Strother Martin, Will Wright
Scénario de A. S. Fleischman
D'après A. S. Fleischman
Musique de Marlin Skiles
Photo de William H. Clothier
Produit par Charles B. Fitzsimons

RESUME
Alors qu'il s'oppose à l'attaque d'une banque, un aventurier tue par méprise un jeune garçon. La mère, une entraîneuse rejetée par les habitants, décide d'enterrer l'enfant auprès de son père. Il faut pour cela qu'elle traverse le territoire apache.

COMMENTAIRE
On discerne déjà dans ce premier film de Sam Peckinpah le terrible désenchantement qui traverse toute son œuvre. Ce rapport à la mort, toujours violent, arbitraire et traité avec un apparent détachement, cet érotisme animal, ces héros insaisissables hantés par un passé douloureux sont déjà tout entier ici. De même, reflétant bien son cinéma viril qui a des difficultés avec le sentimental et le pathos, on le sent mal à l’aise dans la scène où la mère découvre son enfant mort : il ne parvient pas exprimer la forte émotion qui la traverse, rendant la scène peu crédible. En emportant le cadavre de son fils, cette femme traversera un territoire hostile accompagné du meurtrier de son enfant. Dans l’esprit de l’œuvre du cinéaste, un côté amoral et morbide complète ce tableau : la mère terminera son épopée éprise de l’homme et en portant à bout de bras le cercueil de son fils ! Evidemment le traitement des personnages et leur histoire personnelle apportent un crédit à cet épilogue des plus sordides. La femme a non seulement perdu son fils et son mari, mais elle a fait également l’objet d’humiliations de la part de ses concitoyens. Quant à l’homme, il est rongé par le remords d'avoir tué l’enfant et par des tourments subis par le passé. Dans ces conditions, on comprend que ces êtres meurtris par la vie se retrouvent. Une nouvelle fois, peu d’émotion perce de ces personnages, mais leur attitude et leur destin parlent pour eux. Concernant la mort, elle touche non seulement le plus innocent des protagonistes du récit, mais également un bandit plutôt sympathique. Peckinpah continuera à supprimer froidement les personnages de ses films sans qu’on y trouve jamais une justification morale. Cette apparente amoralité qui renvoie brutalité et cruauté est finalement à l’image d’une vie qui fauche sans discernement. Autre aspect qu’on retrouve tout au long de l’œuvre du cinéaste, l’érotisme - qui se transformera parfois en paillardise - allié à cette attirance pour les formes opulentes. Délicieusement suggestive, Maureen O’Hara prenant son bain ou se déshabillant derrière une couverture, annonce la Stala Stevens de « Un nommé Cable Hogue » ou la Isela Vega de « Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia ». Réalisé hors des grands réseaux de production, le film possède formellement des faiblesses qu’on trouve habituellement dans le téléfilm, la série B, voire dans le film d’auteur. C’est en particulier dans la prise de son, dans de curieux montages que se manifestent le plus nettement ces imperfections. La photo n’en demeure pas moins saisissante de beauté. Dénotant par sa renommé, au milieu d’artisans beaucoup plus modestes, la présence de William H. Clothier explique la qualité de l’image. On peut même avancer qu’il fait là, avec « Les Cheyennes » de John Ford, l’une des plus belles performances de sa carrière. De véritables compositions picturales baignées de lumières surréalistes viennent transcender à intervalle régulier ce western.

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