LA HORDE SAUVAGE (1969)

LA HORDE SAUVAGE (1969)

WILD BUNCH

Un western de Sam Peckinpah

145  mn

Avec William Holden, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Ernest Borgnine, Warren Oates, Ben Johnson
Scénario de Walon Green, Sam Peckinpah
Musique de Jerry Fielding
Photo de Lucien Ballard
Produit par Phil Feldman

RESUME
Alors qu'elle est en train de piller une banque, une bande de hors-la-loi est attaquée par des mercenaires au service des chemins de fer. Elle s'enfuit au Mexique après avoir découvert que le magot subtilisé n'est autre que des sacs de rondelles de métal.

COMMENTAIRE
Après deux premiers westerns à la facture somme toute classique (« New Mexico » et « Coups de feu dans la sierra »), suivis d’un autre plus personnel mais peu convainquant (« Major Dundee »), le style de Sam Peckinpah s'affirme enfin dans un film exceptionnel qui reste peut-être son chef-d’œuvre. S’ouvrant et se refermant sur un carnage à l’esthétisme outrancier, « La horde sauvage » est marqué avant tout par une violence extrême. Certes, ces séquences presque surréalistes ont quelque chose de suspect et de malsain, mais leur montage ne permettant qu’une vision parcellaire de l’ensemble n’encourage pas au voyeurisme. Cette violence fait appel à un esthétisme dérangeant, mais elle a la particularité de ne jamais être complaisante. De ce fait on peut croire Peckinpah lorsqu’il prétend que son travail cherche avant tout à condamner la violence. Mise en perspective avec la multitude des plans d’enfants qui parsèment le film, cette violence prend en effet un sens particulier. Elle apparaît comme l’antithèse de l’innocence et une disposition naturelle de l’adulte à faire le mal. Ce thème s’inscrit dans le désenchantement général qui habite le film. Il se confond avec un univers brutal dénué d’amour et de compassion. Les personnages sont pour la plupart des brutes aux goûts triviaux. L’alcool, les putes et l’argent sont leurs seules raisons de vivre, faisant de leur existence une fuite en avant. Mais, alors que dans « Major Dundee » des protagonistes dépourvus de convictions finissent pas lasser, ici, la manière dont ils se donnent la mort démontre qu’ils ont en dernier ressort quelques valeurs. Leur sacrifice pour sauver un ami - assimilable à un suicide - les dote d’une humanité qui les rend en fin de compte sympathiques.

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