LES CHIENS DE PAILLE

LES CHIENS DE PAILLE

STRAW DOGS

Un suspense de Sam Peckinpah

118  mn

Avec Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan, T. P. McKenna
Scénario de Sam Peckinpah, David Zelag Goodman
D'après Gordon Williams
Musique de Jerry Fielding
Photo de John Coquillon
Produit par Daniel Melnick

RESUME
Un mathématicien américain et sa jeune et jolie femme se sont installés en Cornouailles dans le village natal de la jeune femme. Pour refaire le toit de leur grange, ils font appel à des hommes du bourg, des brutes qui se montrent attirée par la femme.

COMMENTAIRE
Après « La horde sauvage », « Les chiens de paille » confirme que Sam Peckinpah est fasciné par la violence. Ce film, plus que le précédent, s’articule autour d’elle. L’intrigue concise, les personnages brutaux, le climat malsain mettent en place la longue débauche de violence qui conclut le film. Plus par le jeu du montage - qui dénote pour l’époque et anticipe celui qui apparaîtra trente ans plus tard - que par l’exposition d’images véritablement choquantes, il tourne cette scène avec une réelle délectation - comme celle du viol et de la pendaison du chat. Cependant, comme dans « La horde sauvage », cette violence - dont l’outrance traduit très certainement un mal-être - n’est pas totalement gratuite. Elle dissimule des sentiments et des comportements profondément moraux et dénonce la bestialité de l’homme. Un intellectuel frêle et passablement couard, Dustin Hoffman, s’oppose dans un ultime sursaut d’orgueil à des brutes alcoolisées. Il personnifie en cela l’homme de la rue cultivé qui se surpasse pour chasser la brutalité du monde. Dans ce contexte, la violence ne serait plus que l’étape trouble nécessaire à l’intelligence pour l’emporter sur la brutalité. Noir dans sa forme, ce film exprime finalement une vision optimiste du monde où l’homme de bien l’emporterait. Le plus remarquable reste que cet homme n’est pas un héros. Il possède les faiblesses de tout un chacun, sa femme étant la seule chose qu’on peut lui envier. On retrouvera ce même type de personnage dans « Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia ». Il est pris subitement d’une folie qui le dépasse et l’entraîne vers des territoires inexplorés de son comportement.

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