LE GUET-APENS

LE GUET-APENS

THE GETAWAY

Un policier de Sam Peckinpah

122  mn

Avec Steve McQueen, Ali McGraw, Al Lettieri, Ben Johnson, Slim Pickens, Sally Struther
Scénario de Walter Hill
D'après Jim Thompson
Musique de Quincy Jones
Photo de Lucien Ballard
Produit par David Foster, Mitchell Brower

RESUME
Après quatre ans passés en prison, las, une petite fripouille demande à sa femme d'intervenir auprès d'un escroc influent pour le sortir de là. En échange de sa libération il devra organiser le braquage d'une banque avec deux autres crapules.

COMMENTAIRE
Si le fait d’ajouter des séquences qui ne servent pas directement l’intrigue est la marque des auteurs, alors Sam Peckinpah en est incontestablement un. Dans toute son œuvre on découvre, comme une signature, des séquences élégiaques qui ont vocation à insuffler une atmosphère au film, une couleur de clair-obscur aux personnages. De telles séquences apparaissent au début de « Guet-apens » lorsque le héros, incarné par Steve McQueen, est libéré de prison et qu’il retrouve sa femme. On observe dans l’une de ces séquences le couple se baignant dans le plan d’eau d’un jardin public. Revisitant les règles du montage, Peckinpah les filme au ralenti sans suivre la chronologie naturelle de la scène. Il renvoie ainsi, admirablement, le bonheur de la liberté retrouvée et les rêves qu’elle a suscitée. Ces petites touches qui relèvent de la sensibilité la plus pure, contrastent avec le reste du film, d’une grande brutalité, une constante dans le cinéma de Peckinpah. On a l’impression que le comportement bestial du personnage interprété par Al Lettieri, les fusillades sanglantes, les protagonistes tous plus abjects les uns que les autres, dissimulent une sensibilité - que l’auteur ne veut pas s’avouer. A la différence de la plupart des films du cinéaste, l’histoire de « Guet-apens », une sorte de road movie (qui n’est pas sans rappeler « Les complices de la dernière chance » sorti la même année) est relativement classique. Et c'est bien ce traitement sans concession, personnel, violent, encore enrichi par la présence de McQueen, qui en fait une œuvre à part.

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