PAT GARRETT ET BILLY LE KID

PAT GARRETT ET BILLY LE KID

PAT GARRETT AND BILLY LE KID

Un western de Sam Peckinpah

110  mn

Avec James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan, Richard Jaeckel, Katy Jurado, Chill Wills, Barry Sullivan, Jason Robards Jr., R. G. Armstrong, John Beck, Jack Elam, Emilio Fernandez, Paul Fix
Scénario de Rudolph Wurlitzer
Musique de Bob Dylan
Photo de John Coquillon
Produit par Gordon Carroll

RESUME
Pat Garrett, nommé shérif par les éleveurs, doit arrêter son ami Billy The Kid. Il le fait prisonnier, mais à la veille de son procès celui-ci s'échappe après avoir tué ses geôliers. Commence alors pour Garrett une longue traque pour rattraper le fugitif.

COMMENTAIRE
Une balle dans le ventre, un homme se traîne jusqu’à un rocher au bord de l’eau pour s’y asseoir et se regarder mourir. Interprétée par une Katy Jurado bouffie et laide, une souillon armée le visage en larmes, voit mourir ce compagnon qu’elle houspillait encore quelques plans auparavant. Il se dégage de cette scène filmée au crépuscule sur une musique envoûtante de Bob Dylan - qui interprète également une sortre de personnage biblique -, un lyrisme extraordinaire qui résume tout le cinéma de Sam Peckinpah. Révélant chez son auteur un côté introspectif et tourmenté, ce lyrisme apporte à toute cette violence, cette vulgarité, cette provocation, une dimension fascinante. Car, comme jamais dans l’œuvre de Peckinpah, « Pat Garrett et Billy le Kid » est une incessante succession de tueries, de beuveries et de coucheries sordides : on ne compte pas les hommes dont on voit le sang jaillir - au ralenti - après avoir reçu une balle, les bouteilles de whisky portées à la bouche et les paires de seins de prostitués-objets. Pour autant, derrière ce qui semble assouvir un voyeurisme grégaire et légitimer la brutalité, se cache une fuite en avant, un désespoir qui transparaît en particulier dans ce personnage principal obligé d’abattre son ami pour satisfaire l’establishment. La bestialité des protagonistes dépeinte par Peckinpah donne à réfléchir sur la nature de l’homme, sur ses aspirations et sur son sens. La mort - comme d’ailleurs tout ce qui peut avoir un caractère angoissant - est traitée avec une légèreté ahurissante. A l’exemple du complice de Billy the Kid abattu dans la cabane au début du film, la façon surréaliste dont certains de ses protagonistes agonisent révèle finalement une fascination pour le sujet.

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