QUAND SIFFLE LA DERNIÈRE BALLE

QUAND SIFFLE LA DERNIÈRE BALLE

SHOOT OUT

Un western de Henry Hathaway

91  mn

Avec Gregory Peck, Pat Quinn, Robert F. Lyons, Susan Tyrrell, Jeff Corey, Rita Gam, Dawn Lynn, Paul Fix, Arthur Hunnicutt
Scénario de Marguerite Roberts
D'après Will James
Musique de Dave Grusin
Photo de Earl Rath
Produit par Hal B. Wallis

RESUME
Libéré de prison, un homme est décidé à retrouver le complice qui lui a tiré dans le dos lors du pillage d'une banque. Ce dernier, informé de sa libération paye trois petits malfrats pour surveiller ses faits et gestes et l'avertir lorsqu'il approchera.

COMMENTAIRE
On se souvient dans « Le Carrefour de la mort » d’un Richard Widmark rigolard poussant une femme en chaise roulante dans les escaliers. Vingt ans plus tard c’est Steeve McQueen dans « Nevada Smith » qui tire dans les articulations d’un homme sans se décider à l’abattre. Ces scènes marquantes réalisées par Henry Hathaway relevaient d’un sadisme et d’une perversion rares dans le cinéma américain d’alors. Jusqu’à « Quand siffle la dernière balle », on pouvait penser que ce sadisme avait un caractère exceptionnel dans l’œuvre imposante du cinéaste, qu’il était dû davantage aux circonstances qu’à une attirance particulière pour le sujet, mais l’avant-dernière réalisation du cinéaste ne laisse plus de doute sur ses intentions : comme libéré de toute inhibition - alors qu’il approche de la retraite et que sa réputation lui donne toute latitude -, il semble laisser libre cours à ses aspirations. Ce western devient un florilège d’actes pervers et sadiques totalement gratuits. Durant tout le film, un jeune psychopathe rigolard et vicieux - comme l’était Widmark à ses débuts dans « Le carrefour de la mort » - aligne les actes odieux avec le plus grand détachement : il s’amuse à tirer sur des tasses qu’il place sur la tête d’une petite fille, force la putain qu’il a kidnappée à faire tout ce qui lui passe par la tête, tue de sang-froid un homme dans un chaise roulante - encore une. La longueur des scènes, l’insistance et le raffinement avec lesquels Hathaway les traite, laisse à penser qu’il se plaît à les tourner. Poussant Gregory Peck à jouer également sur ce registre dans la séquence finale où par vengeance il reproduit le comportement du jeune déséquilibré, il s’avère finalement assez ridicule.

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