CASABLANCA

CASABLANCA

CASABLANCA

Un drame de Michael Curtiz

99  mn

Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Sidney Greenstreet, Peter Lorre, S. Z. Sakall, Joy Page, John Qualen, Curt Bois
Scénario de Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch
D'après Murray Burnett, Joan Alison
Musique de Max Steiner
Photo de Arthur Edeson
Produit par Hal B. Wallis

RESUME
@S@R@F.En 1941 à Casablanca, les autorités sont sur les dents car deux Allemands ont été assassinés et des sauf-conduits volés. Avant d'être arrêté, l'homme qui détient ces documents, parviendra à les confier au propriétaire d'un bar couru de la ville.

COMMENTAIRE
« Casablanca » compte parmi ces petits films d’apparence banale qui séduisent unanimement les spectateurs du moment pour devenir des blockbusters. « Casablanca » plut d’ailleurs tellement qu’il remporta trois Oscars, dont celui du meilleur film, pour devenir finalement, contre toute attente, une œuvre mythique représentative d’une époque. Mais, autant on peut comprendre le succès de « Madame Miniver » ou de « Qu’elle était verte ma vallée », les précédents films récompensés par les Academy Arward, autant il est difficile de comprendre aujourd’hui le succès de « Casablanca ». A la différence de « Madame Miniver » ou de « Qu’elle était verte ma vallée », « Casablanca » est en effet un film dépourvu d’ambition, au scénario brouillon et produit sans moyens importants. N’importe quelle œuvre en lice cette année-là pour l’Oscar (« Pour qui sonne le glas », « Le ciel peut attendre », « Et la vie continue… », « Ceux qui servent en mer » par exemple), avaient au premier abord plus de chance de remporter la précieuse statuette. De même, un spectateur d’aujourd’hui se fiant à la place colossale qu’a prise ce film dans l’histoire du cinéma, risque d’éprouver une certaine déception à sa découverte. Et que dire de Michael Curtiz qui reçoit les honneurs de la profession pour un travail mineur en comparaison de « Capitaine Blood », des « Aventures de Robin des bois », ou de « L’aigle des mers » ! En fait, beaucoup des éléments qui permettent d’expliquer ce succès répondent à une attente suscitée par une actualité politique agitée. Casablanca, ville administrée par Vichy où de nombreux Européens se rendent pour tenter de gagner l’Amérique via Lisbonne, matérialise l’occupation allemande rampante qui sévit de l’autre côté de l’Atlantique. Ô combien réjouissant, cette occupation sera ridiculisée après avoir été finement dupée. En balayant d’un revers de main les valeurs humaines les plus profondément ancrées, la guerre induit un cynisme qui touche le monde entier. Outre Claude Rains qui joue un subtil double jeu en tant que fonctionnaire de Vichy, ce cynisme ambiant est incarné à merveille par Humphrey Bogart. Poussé à l’individualisme et à l’égoïsme par ce climat d'insécurité alors qu’il avait défendu des causes auparavant, son personnage, en parfaite adéquation avec les apparences de l’acteur, participe de façon indéniable à l’intérêt du film. Après « Le faucon maltais » sorti l’année précédente, « Casablanca » fera de Bogart une légende en fixant durablement ce personnage dans la mémoire collective. Ajouté à cela, l’histoire d’amour, souvent évoquée pour expliquer le succès du film, a quelque chose d’hésitant, la rendant d’autant plus belle. On sait que le scénario fut écrit au jour le jour, - chose tout de même incroyable quand on connaît le niveau d’organisation des studios à cette époque ! -, ce qui engendra des incertitudes, en particulier dans la tournure que devaient prendre les relations entre les amants. Si cela déboucha sur des incohérences comme le fait que le résistant interprété par Paul Henreid ne soit jamais emprisonné, cela fut certainement aussi à l’origine de cette histoire d’amour si particulière.

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