CAVALCADE

CAVALCADE

CAVALCADE

Un drame de Frank Lloyd

107  mn

Avec Diana Wynyard, Clive Brook, Una O'Connor, Herbert Mundin, Beryl Mercer, Irene Browne, Tempe Pigott, Merle Tottenham, Frank Lawton, Margaret Lindsay, John Warburton, Billy Bevan, Douglas Scott, Bonita Granville
Scénario de Reginald Berkeley
D'après Noel Coward
Musique de Louis De Francesco
Photo de Ernest Palmer
Produit par Frank Lloyd, Winfield Sheehan

RESUME
@F@R.A Londres, une famille bourgeoise et ses domestiques fêtent l'entrée dans le nouveau siècle. Les hommes ne tarderont pas à partir pour la guerre du Transvaal tandis que les femmes attendront, inquiètes, en élevant leurs enfants.

COMMENTAIRE
En compétition avec « Lady Lou », « Les quatre filles du docteurs March », « La foire aux illusions » et « Quarante-deuxième rue » entre autres, « Cavalcade » remporta la précieuse statuette cette année là. Relatant l’histoire tragique d’une famille anglaise touchée par les bouleversements qui marquèrent le premier tiers du 20ème siècle (guerre du Transvaal, mort de la reine Victoria, naufrage du Titanic, Grande Guerre), le film recèle une gravité, pose un regard désenchanté sur le passé proche, tisse des liens avec la grande histoire qui influença certainement le choix du jury. Derrière un traitement d’apparence détachée où se succèdent des scénettes banales ponctuées de multiples réveillons et défilés de cavaliers en surimpression, « Cavalcade » dissimule une véritable noirceur. Cette façon de raconter une histoire sans paraître touché par le malheur des protagonistes contribue certainement à accentuer le pathos. Entre les évènements les plus sombres qui marquèrent le début du siècle et le destin de cette famille, les interférences apparaissent de façon anodine au détour d’un plan, les rendant d’autant plus bouleversantes. La scène où deux amoureux en croisière parlent de leur avenir avant de sortir du champ pour laisser apparaître une bouée sur laquelle on lit « Titanic », est à l’image de cette approche. De même, en mêlant joie et peine dans une même séquence, telle celle où l’héroïne apprend la mort de son fils le jour de l’armistice ou celle où un cabaretier se fait écraser le soir de nouvel an, les auteurs accentuent l’émotion en simulant un certain détachement. Finalement on découvre des protagonistes résignés, désenchantés, pour lesquels on ressent inévitablement de la compassion. Formellement, un côté précieux traduisant l’éducation puritaine de l’Angleterre victorienne, confère une facture plus britannique qu’hollywoodienne au film. De même, on découvre tout au long du film des mouvements de foules véritablement impressionnants qui apportent son caractère prestigieux à l’œuvre.

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