LE CAVALIER DU DESERT

LE CAVALIER DU DESERT

THE WESTERNER

Un western de William Wyler

100  mn

Avec Gary Cooper, Walter Brennan, Doris Davenport, Forrest Tucker, Fred Stone, Paul Hurst, Chill Wills, Charles Halton
Scénario de Jo Swerling, Niven Busch
D'après Stuart N. Lake
Musique de Dimitri Tiomkin
Photo de Gregg Toland
Produit par Samuel Goldwyn

RESUME
@C(WB).Au Texas, alors que fermiers et éleveurs se font la guerre, un cow-boy accusé de vol échappe de justesse aux sanctions d'une justice expéditive en faisant croire à la crapule qui conduit le procès, qu'il connaît la chanteuse que celui-ci admire.

COMMENTAIRE
Reprenant la légende du despote Roy Bean, - qui fait écho à celui qui sévit au même moment en Europe - ce western remarquable allie avec virtuosité le drame à la comédie cynique, pour devenir une fable pertinente sur le despotisme. Devant la toile de fond classique des luttes opposant éleveurs et fermiers, William Wyler donne vie à un personnage étonnant, à la fois repoussant et attachant, inquiétant et sympathique. Capable de brûler des fermes, de manipuler les foules à des fins meurtrières, de pendre des hommes sans aucun état d’âme, mais également de s’éprendre d’une femme qu’il ne connaît qu’en photo, ou d’être attendri par une mèche de cheveux, ce personnage incarné par un Walter Brennan imposant, suscite involontairement des impressions contradictoires encore accrues par un traitement atypique qui, sous des dehors de comédie fait ressortir un aspect puéril, innocent et dément du personnage. Cette peinture du juge Roy Bean est finalement plus réaliste qu’il n’y paraît au premier abord - car on imagine que les tyrans sont plus proches de ce modèle que de la brute insensible qui nous est souvent dépeinte. Face à lui, archétype du héros américain, un cow-boy solitaire incarné par un Gary Cooper rayonnant, entretient des relations ambiguës avec le despote. Malgré une certaine méfiance, une incontestable amitié lie les deux hommes. Comme nous, le héros pardonne les exactions de Bean parce qu’on les met au crédit d’une certaine inconscience et que par ailleurs l’homme est sensible, mais là est le danger. D’un point de vue formel, de nombreux extérieurs - filmés par Gregg Toland - sont tournés au coucher du soleil, donnant une étrange impression de fin du monde à certaines scènes du film.

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