DE L'OR POUR LES BRAVES

DE L'OR POUR LES BRAVES

KELLY'S HEROES

Un film de guerre de Brian G. Hutton

138  mn

Avec Clint Eastwood, Telly Savalas, Don Rickles, Carroll O'Connor, Donald Sutherland, Ross Elliott
Scénario de Troy Kennedy Martin
Musique de Lalo Schifrin
Photo de Gabriel Figueroa
Produit par Gabriel Katzka, Sidney Beckerman

RESUME
En France, lors de l'offensive alliée, un soldat découvre que les Allemands ont stocké une grande quantité d'or dans la banque d'un petit village. Lors d'une permission de trois jours il monte un commando pour aller rechercher cet or.

COMMENTAIRE
Rares sont les films de guerre qui parviennent à trouver un équilibre aussi réussi entre la farce débridée et l’action dramatique des combats. Intégrer dans un même film des soldats américains pris dans un champs de mine se faire abattre par des Allemands, et une parodie de western spaghetti où trois héros s’avancent côte à côte vers un char Tigre, relève de la gageure. Cet équilibre est incarné par, d’un côté un Clint Eastwood monolithique, et de l’autre par un truculent Donald Sutherland imprévisible et déjanté. Malgré leurs aspects caricaturaux, les deux hommes demeurent crédibles et attrayants. S’ajoutent à eux un Telly Savalas en sergent braillard et toute une panoplie d’antihéros que l’appât du gain fait se surpasser. Ce qui séduit en particulier dans tout cela c’est bien le côté subversif du propos. Plus que le traditionnel soldat qui regrette d’être loin de chez lui et qui se demande ce qu’il fait là, « De l’or pour les braves » montre des combattants qui exploitent à des fins personnelles le chaos engendré par la guerre. Dans les années soixante, avec des œuvres comme les « Les douze salopards » et « Enfants de salauds », la tendance est déjà de prendre à contre-pied les valeurs guerrières des films de propagande pour afficher des héros qui œuvrent avant tout pour eux sans se soucier de la cause nationalle. Cependant, jamais cette approche n’avait été exploitée avec un tel aplomb. D’ailleurs le ton décalé devient ouvertement iconoclaste lorsque le maire du village venant d’être libéré cherche désespérément le Général De Gaulle... On doit cette réussite à un metteur en scène qui a réalisé l’année précédente un autre excellent film de guerre, « Quand les aigles attaquent », dans un registre plus sérieux celui-là. Deux films illuminés certes par la présence d’Eastwood.

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