LA KERMESSE DE L'OUEST

LA KERMESSE DE L'OUEST

PAINT YOUR WAGON

Une comédie musicale de Joshua Logan

157  mn

Avec Lee Marvin, Clint Eastwood, Jean Seberg, Ray Walston, Harve Presnell, Tom Ligon, Alan Dexter, Terry Jenkins, Paula Trueman
Scénario de Alan Jay Lerner
Musique de Frederick Loewe, Andre Previn
Photo de William Fraker
Produit par Alan Jay Lerner

RESUME
Alors qu'ils sont en train d'enterrer un homme, des colons découvrent de l'or dans la terre des abords. En peu de temps un village de chercheurs d'or est édifié. Les femmes y sont absentes jusqu'au jour où un mormon et ses deux épouses arrivent.

COMMENTAIRE
Le succès remporté par « Mary Poppins » en 1964 et « La mélodie du bonheur » en 1965 entraîne dans les années suivantes une vague de comédies musicales à grand spectacle toutes plus insipides les unes que les autres. Que ce soit « L’extravagant docteur Dolitle », « Funny Girl », « La vallée du bonheur », ou « Hello, Dolly ! », tous ces films se caractérisent par un côté pompeux et faussement joyeux qui vient ruiner des moyens de production pourtant remarquables. La durée toujours inhabituellement longue de ces films rend encore plus insupportable leur vision, d’où émane une désagréable impression de gaspillage. « La kermesse de l’Ouest » fait partie de cette vague. Joshua Logan qui réalise là son dernier film va s’y enliser comme ses talentueux prédécesseurs que sont Richard Fleischer, William Wyler, Francis Ford Coppola et Gene Kelly. Il reconstitue une ville minière - qu’il détruit à la fin -, il ne lésine pas sur les plans larges - pris parfois d’un hélicoptère -, dirige une abondante figuration, monte des plans incroyablement complexes et chargés, suit une histoire certes farfelue mais loin d’être inintéressante : cela ne suffit pas à faire oublier cette impression de show broadwaien servi par des personnages surfaits et stylisés. Pourtant, faisant dans le subversif et tranchant avec l’esprit mièvre souvent inhérent à ce type d’œuvre, il ne craint pas de mettre en scène des brutes débauchées attirées par le sexe et l’argent. De même, il sert une histoire qui traite de bigamie (la belle jeune femme interprétée par Jean Seberg a deux maris !) et de frustration sexuelle de chercheurs d’or privés de femmes. Cela n’y fait rien, curieusement, à l’image de Clint Eastwood qui joue les gentils garçons candides, on reste dans le spectacle familial pompeux. Plus que les chansons qui viennent interrompre de façon inopportune le cours du récit, c’est la mise en scène sans panache qui gâche tout.

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