LE CANARDEUR

LE CANARDEUR

THUNDERBOLT AND LIGHTFOOT

Un policier de Michael Cimino

115  mn

Avec Clint Eastwood, Jeff Bridges, George Kennedy, Geoffrey Lewis, Catherine Bach
Scénario de Michael Cimino
Musique de Dee Barton
Photo de Frank Stanley
Produit par Robert Daley

RESUME
Dans un champ de blé, un tueur poursuit un pasteur, lui tire dessus, lorsqu'une voiture conduite par un jeune écervelé renverse le premier et prend à son bord le deuxième. Les deux hommes vont se lier d'amitié avant d'être la cible de deux autres tueurs.

COMMENTAIRE
Cette façon brillante de passionner le spectateur alors qu’en apparence le voyage est assez convenu, dénote d’un savoir-faire exceptionnel. On semble avoir déjà vu des personnages aussi désenchantés, une violence aussi exacerbée, un rythme aussi maîtrisé, un tel sens du montage et une telle justesse dans le fond et la forme chez des Sam Peckinpah, Richard Fleischer ou Don Siegel. Loin de la pâle copie, cela relève d’une remarquable synthèse de ce qui se fait de mieux dans le polar de l’époque - auquel s’ajoute un réjouissant mélange de désinvolture et de noirceur. Quand on découvre, de plus, que le film est la première œuvre d’un jeune réalisateur qui est aussi l’auteur du scénario, on ne peut manquer d’être impressionné. Cette jeunesse permet de comprendre d’où vient cette fraîcheur de ton et cet humour potache réjouissant auquel répond en contrepoint une violence aguicheuse ! Plus profond, derrière la justesse des personnages, la cohérence du scénario, la virtuosité des scènes d’action, voire de l’utilisation savante des musiques, on devine une souffrance, en particulier chez ce jeune casse-cou interprété par Jeff Bridge. A l’inverse de ses compères qui sont puissamment rendus mais finalement assez classiques, celui qu’on compare à Billy the Kid est un être fragile et suicidaire qui trouvera dans l’accomplissement de sa mission son seul véritable plaisir. Ajouté au fait que sa mort - merveilleusement mise en scène - est une lente agonie dont lui-même n’est pas conscient, ce personnage est d’un romantisme saisissant. Formant avec les autres protagonistes un contraste tout aussi saisissant, on trouve face à lui un George Kennedy d’une bestialité déconcertante, un Geoffrey Lewis ahuri et un Clint Eastwood assez fade dans le rôle du héros inexpressif qui se sort de toutes les situations.

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