LA SANCTION

LA SANCTION

THE EIGER SANCTION

Un suspense de Clint Eastwood

113  mn

Avec Clint Eastwood, George Kennedy, Vonetta McGee, Jack Cassidy, Heidi Bruhl
Scénario de Hal Dresner, Warren B. Murphy, Rod Whitaker
D'après Trevanian
Musique de John Williams
Photo de Frank Stanley
Produit par Robert Daley

RESUME
Un agent reconverti en professeur d'histoire de l'art est rappelé par son ancien chef pour effectuer une mission en représailles à l'assassinat d'un collègue : il devra tuer deux hommes, l'un d'eux devant participer à l'ascension de l'Eiger.

COMMENTAIRE
Après « Un frisson dans la nuit » où il se lance courageusement dans la réalisation avec un sujet hitchcockien, « L’homme des hautes plaines » où il revisite le western de belle façon en y ajoutant une dimension fantastique, « Breezy » où il démontre que derrière son masque de dur se cache un être sensible capable d’aborder des sujets intimistes, Clint Eastwood se fourvoie en réalisant ce film mi d’espionnage mi d’aventures. Ce n’est pas tant le manque d’ambition que l’impression de bâclé du scénario qui déçoit. Après des débuts de réalisateur prometteur, il semble accuser le coup, faire dans le facile et dans le sujet de commande. Tourner une ascension sur l’Eiger n’est certainement pas chose aisée et relève à n’en pas douter du chalenge. A ces séquences honnêtes et parfois prenantes, on préférera toutefois celles réalisées dans Monument Valley ou dans le bureau de « Dragon ». On devine en effet une jubilation à filmer une ascension à mains nues le long d’un piton rocheux - qui se termine par un travelling à l'aide d'un l’hélicoptère et un raccord sur les montagnes alpines -, ou à effectuer une course poursuite sur les pistes de poussière rouge du désert navajo. De même, cet albinos cynique, difficilement visible, qui donne ses ordres baigné dans la pénombre d’une lumière écarlate, est des plus troublants. Hélas, à côté de cela, ce qui fit la popularité du personnage eastwoodien est recyclé sans vergogne. Cette armoire à glace que Eastwood assomme à coup de poing avec une froide détermination, sans montrer l’ombre d’une hésitation, est un exemple de ce côté aguicheur facile. Les rapports avec les femmes, que ce soit l’hôtesse de l’air ou bien l’Indienne, sont en revanche plus intéressants car le côté macho du personnage est mis à dure épreuve. Mais ce sont bien les incohérences du scénario, l’apparente désinvolture de l’écriture qui déçoivent, d’autant que l’histoire avait matière à faire un bon film d’action. L’agent à la retraite qu’on oblige à rempiler parce qu’il est le seul à pouvoir tuer un homme est absurde. Ce boiteux qui révèle son handicap à la fin du film alors qu’on l’a vu auparavant crapahuter sur les montagnes est également incompréhensible. Plus grave, ne relevant pas cette fois ci du simple détail, cette cordée d’alpiniste qui fait connaissance avant une ascension extrêmement périlleuse est totalement invraisemblable, comme la voie qu’ils proposent d’ouvrir alors qu’ils se sont à peine concertés. Enfin, pourquoi est-ce-que le héros tue l’homme qui lui permettait d’éviter cette ascension périlleuse ? Bref, on s’étonne qu'Eastwood se soit lancé dans un projet au scénario aussi décousu, ridicule comparé au beau travail de repérage qu’a de toute évidence nécessité le film.

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