JOSEY WALES, HORS-LA-LOI

JOSEY WALES, HORS-LA-LOI

THE OUTLAW JOSEY WALES

Un western de Clint Eastwood

130  mn

Avec Clint Eastwood, Chief Dan George, Sondra Locke, Billy McKinney, John Vernon, Paula Trueman, Sam Bottoms, Geraldine Keams, Woodrow Parfrey
Scénario de Phil Kaufman, Sonia Chernus
D'après Forrest Carter
Musique de Jerry Fielding
Photo de Bruce Surtees
Produit par Robert Daley

RESUME
Un jeune cultivateur sudiste assiste au massacre de sa famille par des pâtes rouges, des nordistes sanguinaires qui sèment la terreur sur leur passage. Il rejoindra alors les confédérés mais après la reddition du Sud refusera de rendre les armes.

COMMENTAIRE
Alors qu’il n’a pas encore réalisé cinq films, Clint Eastwood entreprend de mettre en scène un deuxième western, chose assez osée quand on sait que dans les années soixante-dix le genre n’a plus le vent en poupe. Comme une sorte de reconnaissance qu’il a envers le western auquel il doit tout, régulièrement durant toute sa carrière, Eastwood offrira au genre contre vent et marée des œuvres incontournables. « Josey Wales, Hors-la-loi » est de celles-là. A la différence de « L’homme des hautes plaines », western apocalyptique qu’il réalise avant « Josey Wales », le personnage principal, toujours aussi peu disert et peu enclin à exprimer ses sentiments, gagne en humanité ici. Il continue à tuer sans vergogne tous ceux qui s’opposent à lui, mais ne recueille pas moins tous les laissés-pour-compte qu’il croise sur son chemin. Un vieil Indien esseulé, une squaw maltraitée, une grand-mère et sa petite fille sauvées des griffes de comancheros, un chien aussi, une véritable tribu se forme autour de lui. Outre un climat traduisant les tensions Nord-Sud qui persistent après la guerre de Sécession, et une peinture attendrissante des Indiens, c’est bien ce personnage contrasté, à la fois bon samaritain et bête traquée dépourvue d’émotion, qui ne peut manquer de surprendre. En fait, ce mélange de brutalité et d’humanité paraît provenir d’un compromis entre la volonté de rester fidèle à l’image de l’acteur Eastwood tout en respectant la sensibilité du réalisateur. (L’œuvre du cinéaste semble toute entière habitée par cette dualité). Toutes les séquences mettant en scène le vieil Indien reflètent en effet une sensibilité du cinéaste qu’il est difficile de deviner dans le personnage qu’il incarne. Car outre ce personnage complexe, « Josey Wales » comporte de nombreuses idées originales qui ajoutent encore aux qualités du film. C’est ce massacre perpétré par les Nordiste à l’encontre des Sudistes, c’est ce pacte audacieux que le héros passe avec le chef Comanche, c’est dans une moindre mesure cette façon de cracher tout le temps et sur tout ce qui bouge, mais c’est aussi et surtout ses relations avec ce vieil Indien interprété par un malicieux Chief Dan George qui fait continuellement dans l’autodérision pince-sans-rire. Comme ce sera le cas avec ce vieux boxeur incarné par Morgan Feeman dans « Million Dollar Baby » et ce vétéran de la guerre de Corée dans « Gran Torino », on devine déjà ce regard mi-attendri mi-amusé que Eastwood porte sur la vieillesse. Malgré l’apparent désintérêt qu’il voue à ce vieil Indien un peu toqué, son personnage ne manque jamais de lui exprimer du respect. Autre aspect intéressant du film, qui le différentie de « L’homme des hautes plaines », c’est le nombre de paysages traversés, de lieux visités. Cette diversité et cette richesse encore mise en valeur par des couleurs automnales, apportent au film un lyrisme et une dimension épique tout à fait remarquables.

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