POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS

POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS

PER UN PUGNO DI DOLLARI

Un western de Sergio Leone

95  mn

Avec Clint Eastwood, Mariane Koch, Gian Maria Volonté, Antonio Prieto
Scénario de Sergio Leone, Fulvio Morsella, Luciano Vincenzoni
Musique de Ennio Morricone
Photo de Massimo Dallamano
Produit par Arrigo Colombo, Giorgio Papi

RESUME
Un aventurier arrive dans une petite ville à la frontière mexicaine où deux clans rivaux vivent de la contrebande d'armes et d'alcool. Agressé par quatre bandits de l'un des clans, l'homme les abat avant d'offrir ses services à l'autre clan.

COMMENTAIRE
Tournant avec un budget modeste, offrant le rôle principal à un acteur américain qui n’a incarné jusque là que des personnages secondaires où des héros de séries télés, allant jusqu’à négliger de négocier les droits de « Yojimbo » d’Akira Kurosawa dont l’histoire est inspirée, la production n’a de toute évidence pas pris la mesure du projet qu’elle entreprenait. Pourtant, rétrospectivement, le succès remporté par ce western, succès qui pouvait paraître inattendu, semblait en fait inéluctable. Comment imaginer que Sergio Leone, Ennio Morricone et Clint Eastwood, devenus à juste titre trois figures emblématiques du cinéma universel depuis, n’aient pas été remarqués ? En dépit des modestes moyens mis à leur disposition et du peu de crédit qu’on leur a accordé, ils imposent ici un style, une forme, qui les révéleront et feront des émules. Cette forme tellement originale qu’elle touche à la provocation, ils l’exploiteront dans les deux volets qui complètent la trilogie de « l’homme sans nom », puis encore par la suite lorsque leurs carrières se sépareront. Leone continuera à se caractériser par ses mises en scène outrancières, Morricone par ses musiques qui évoquent l’opéra filmé, et Eastwood par ses personnages messianiques. Evidemment, critiqué par les puristes qui dénigrent ce western qualifié de « spaghetti », « Pour une poigné de dollars » joue moins sur la facilité - comme cela lui est reproché -, que sur une véritable originalité artistique. Il ne revisite pas le genre, il le réinvente sans pour autant être historiquement plus délirant que l’original. Sa violence excessive, ses personnages cyniques, son immoralité ne reflètent pas plus la réalité que le western classique. Dans tous les cas nous sommes dans le fantasme : le western italien est probablement aussi éloigné du western américain des années cinquante que celui-ci l’est des premiers westerns de l’époque du muet - qu’on peut estimer être les plus proches de la réalité. Alors certes, ce cinéma use de la violence jusqu’à en devenir malsain lorsque par exemple une mère de famille qui pleure la mort de son fils et de son mari est froidement abattue par des bandits, mais cette dureté de ton douteuse qui inspirera des cinéastes comme Sam Pekinpah, Standley Kubrick ou Quentin Tarantino, fait partie intégrante d’une esthétique. Leone est peut-être le premier cinéaste à avoir profité qu’une scène soit violente pour la traiter de façon totalement baroque. La façon jubilatoire avec laquelle sont utilisés les gros plans sur des visages patibulaires, la musique stridente, les plans qui s’éternisent, les scènes dantesques, ne peut laisser indifférent.

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