ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS

ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS

PER QUALQUE DOLLARI IN PIU

Un western de Sergio Leone

126  mn

Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonté, Mara Krup, Luigi Pistilli, Klaus Kinski
Scénario de Luciano Vincenzoni, Sergio Leone
Musique de Ennio Morricone
Photo de Massimo Dallamano
Produit par Alberto Grimaldi

RESUME
Sans se connaître, deux chasseurs de prime sur la piste d'un redoutable bandit, conjecturent que c'est à El Paso, où se trouve la banque la mieux gardée de l'Etat, qu'ils le retrouveront. Là, les deux hommes se croiseront et conclurront un accord.

COMMENTAIRE
Après le succès remporté par « Pour une poignée de dollars », Sergio Leone a enfin les moyens de donner libre cours à son imagination, d’exprimer toute l’étendue de son talent tel qu’il l’entend. C’est sans complexe et avec une grande confiance qu’il va exploiter ces possibilités. La présentation exceptionnellement longue des deux personnages principaux au début du film est à l’image de son assurance, et il faut bien dire que le résultat est convaincant, comme la plupart des nouveautés audacieuses, et finalement efficaces, qu’il introduit ici. Mais ce deuxième volet de l’homme sans nom, réalisé avec des moyens bien supérieurs au premier, révèle surtout un cinéaste aux affinités et aux aptitudes propres à en faire un réalisateur de superproductions épiques. Car ce qui distingue avant tout « Et pour quelques dollars de plus » de « Pour une poignée de dollars » ce sont le nombre des lieux de tournages, l’intégration du récit dans des paysages magnifiques, l’ampleur des décors, la force des personnages et la durée du film. Symptomatique de l’attirance de Leone pour les fresques monumentales à la David Lean ou à la Cecil B. DeMille, ce film, comme tous ses suivants, dure en effet plus de deux heures, chose exceptionnelle pour un western. De là, Leone ne peut plus être réduit à un réalisateur aguicheur qui use et abuse d’effets baroques, de violence, de cynisme douteux, d’esbroufe pour séduire son public. Au-delà des apparences, il montre qu’il possède toutes les qualités d’un grand cinéaste. En plus de savoir s’entourer d’artistes talentueux et charismatiques, il a un sens inné de toutes les composantes d’une grosse production. Que ce soit le rythme, l’interprétation, la musique, les cadrages, l’histoire, les dialogues, tout est à la fois très personnel et d’une cohérence parfaite. Même ce côté juvénile, ce côté bande dessinée surréaliste et outrancière qu’on pourrait lui reprocher, est mis à mal par ce bandit qui trouve dans la drogue et la cruauté de quoi apaiser un passé sentimental douloureux. A l’inverse de ces personnages stylisés interprétés par Clint Eastwood et Lee Van Cleef, celui incarné par Gian Maria Volonté a effectivement une fièvre intérieure qui en fait bien plus qu’un simple méchant. On s’étonne d’ailleurs de trouver de tels êtres tourmentés et graves dans une œuvre aussi surréaliste.

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