OSTERMAN WEEK-END

OSTERMAN WEEK-END

THE OSTERMAN WEEKEND

Un film d'espionnage de Sam Peckinpah

99  mn

Avec Rutger Hauer, John Hurt, Craig T. Nelson, Denis Hopper, Chris Sarandon, Meg Foster, Cassie Yates, Christopher Starr, Burt Lancaster
Scénario de Alan Sharp
D'après Robert Ludlum
Musique de Lalo Schifrin
Photo de John Coquillon
Produit par Peter S. Davis, William N. Panzer

RESUME
Un agent du FBI dont la femme s'est fait tuer par des agents du KGB cherche à se venger. Avec l'aide des services secrets américains, il va monter une opération visant à faire tomber trois hommes d'une organisation à la solde des Russes.

COMMENTAIRE
La dernière image du film montre un siège vide, celui d’un présentateur télé. Sam Peckinpah, qui va mourir l’année suivante, semble dire par là qu’il laisse sa place à d’autres, que le cinéma devra compter sans lui maintenant. En vingt-deux ans et quatorze films, cet enfant terrible du cinéma aura marqué de son empreinte un art alors trop consensuel. Comme tous les grands artistes maudits, il aura bouleversé les codes déontologiques pour y imposer une vision sombre et dérangeante toujours exacerbée par une poésie fulgurante. Ce camping-car qui explose avec ses occupants à bord alors qu’une mélopée infantile se fait entendre, est à l’image de ce style. Ce mélange de violence et de légèreté engendre des impressions indicibles qui ne peuvent se résumer par de simples explications. De même, on peut avancer que la violence chez Peckinpah n’est pas une violence gratuite, qu’elle naît de l’opposition des forces, mais en quoi cette manière de lui donner corps nous fascine t-elle tant ? Et que dire de ces ralentis qui reviennent tout au long de ses films comme les visages ovales aux mentons pointus qui caractérisent les peintures de Modigliani ? En fait, plus que tout autre, ce cinéaste fait resurgir sur son œuvre, avec sincérité et sans complaisance, la tourmente qui l’habite. Malheureusement, ce dernier film, une œuvre de commande, laisse transparaître peu de chose de ce style. Les ralentis, le montage rapide et les scènes violentes naissent au détour d’une séquence comme si on avait voulu offrir à l’artiste l’occasion de faire du Peckinpah. Car cette histoire de complot et de manipulation - qu’il faut visionner deux fois pour en comprendre tous les méandres ! - répond plus à une mode du moment, née suite à la guerre froide, qu’au besoin d’offrir au cinéaste le moyen d’exprimer son talent. Et malgré la belle distribution, on ne peut manquer d’être déçu pas un sujet trop tortueux pour véritablement passionner. Ce voyeurisme latent, ce jeu avec les écrans retransmettant chaque fait et geste des protagonistes, intéressants en soi, n’est finalement porteur d’aucune intention claire. Tout cela semble avoir été fait sans grande conviction.

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