L' ÉPREUVE DE FORCE

L' ÉPREUVE DE FORCE

GAUNTLET

Un policier de Clint Eastwood

105  mn

Avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Pat Hingle, William Prince, Billy McKinney, Michael Cavanaugh, Carole Cook, Mara Corday, Douglas McGrath, Jeff Morris
Scénario de Michael Butler, Dennis Shryack
Musique de Jerry Fielding
Photo de Rexford Metz
Produit par Robert Daley

RESUME
Un flic de Phoenix, raté et alcoolique, doit se rendre à Las Vegas pour y rechercher un témoin. Il s'avère que ce témoin est une prostituée que de nombreuses personnes voudraient voir morte. Le flic aura du fil à retordre pour la ramener.

COMMENTAIRE
Cette sixième réalisation de Clint Eastwood est à n’en pas douter la moins ambitieuse de celles entreprises jusqu’ici. Œuvre facile destinée à un public peu exigeant, la principale qualité se situe dans les scènes d’action dont certaines (la moto poursuivie par l’hélicoptère - rappelant à la fois « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock et « Duel » de Steven Spielberg - ou le bus servant de cible à une armée de flics) ont apparemment nécessité une grosse préparation. Ce personnage de flic alcoolique qui ne cesse de se faire rabrouer par une call girl cynique, n’a pas la complexité et la richesse de Josey Wales, de l’homme des hautes plaines, du quinquagénaire de « Breezy », ou encore du célibataire harcelé de « Un frisson dans la nuit ». Si l’intention est là et que ce héros qui retrouve sa dignité lors d’un sursaut d’orgueil, avait matière à former un personnage intéressant, il est traité trop légèrement, trop grossièrement pour véritablement séduire. De même, l’histoire prévisible et simpliste bascule souvent dans le grotesque et dans l’invraisemblable, et ce pour alimenter des besoins de violence et de sentiments primaires. Pourquoi cet acharnement à mitrailler jusqu’à la désintégration voitures, maisons et autobus ? A faire dans des dialogues à la vulgarité gratuite ? A s’en prendre à une meute de motards, avec une arrogance incompréhensible ? Ce manque de discernement se retrouve jusque dans cet inspecteur (Pat Hingle) reclassé dans un bureau. L’amitié qui le lie au héros avec lequel il a fait équipe par le passé, fait dans le cliché le plus grossier. L’intention d’Eastwood est louable lorsqu’il prend à contre-pied son image en incarnant un antihéros, cependant il ne semble pas croire en ce personnage qui fait souvent dans la caricature. Ses relations avec sa partenaire revisitent également les traditionnels rapports macho-pimbêches qu’on trouve traditionnellement dans ce type de film, mais en forçant trop le trait, il ne parvient pas à convaincre.

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