DOUX, DUR ET DINGUE

DOUX, DUR ET DINGUE

EVERY WHICH WAY BUT LOOSE

Une comédie de James Fargo

110  mn

Avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Geoffrey Lewis, Beverly D'Angelo, Walter Barnes, George Chandler, Sam Gilman, Roy Jenson, Billy McKinney, Gregory Walcott, Hank Worden, Ruth Gordon
Scénario de Jeremy Joe Kronsberg
Musique de Snuff Garrett, Steve Dorff
Photo de Rexford Metz
Produit par Robert Daley

RESUME
Un routier qui arrondit ses fins de mois en participant à des combats de boxe improvisés s’éprend d'une chanteuse de country. Accompagné d'un ami et d'un orang-outang, il partira à sa recherche après qu'elle l'ait quitté précipitamment.

COMMENTAIRE
Si l’on excepte peut-être « De l’or pour les braves », jamais Clint Eastwood ne s’était vraiment frotté à la comédie en tant que vedette. C’est chose faite avec « Doux, dur et dingue » et le résultat est plutôt honorable. Malgré la présence d’un réalisateur sans grande réputation, le ton demeure toujours juste et par moment jubilatoire. Tout en continuant à endosser son habit de dur invincible, en se gardant bien de sombrer dans le grotesque, Eastwood s’autoparodie et se ridiculise par petites touches discrètes : c’est la musique d’Ennio Morricone qui retentit lorsqu’il fait face à une bande de motards belliqueux, ou une chute dans la poussière alors qu’il est sur le point de rattraper un fuyard. Ceci étant, chose louable, son personnage essuie de cuisants revers en amour, ce qui a pour conséquence de lui donner une dimension plus humaine et de casser son image de héros froid et cynique. Et si cette comédie ne démérite pas, c’est aussi parce qu’elle est pleine d’éléments inattendus. Durant tout le film on suit une petite grand-mère revêche (Ruth Gordon), improbable propriétaire du lieu où vivent les personnages principaux, qui tente de passer son permis de conduire. Plus surprenant encore, cet orang-outang roublard, animal de compagnie du héros, dont le comportement - à l’instar de son nombre de côtes… -, est étrangement proche de celui de l’homme. Le singe est évidemment à l’origine de nombreuses scènes hautement sympathiques qui jouent sur la complicité liant l’animal et son maître. Quant à la farce, car le film est également une grande farce, elle est assurée par les méchants, deux flics et une bande de motards qui n’ont pas apprécié l’humiliation que le héros leur a fait subir. Parmi toutes les scènes ravageuses où ces méchants - qui arborent fièrement l’insigne nazi ! - font les frais de leur volonté de vengeance, on notera celle où ils sont tirés comme des pigeons par la fameuse grand-mère transformée à l’occasion en Calamity Jane ! Finalement, en abordant un nouveau genre, c’est la première fois qu’Eastwood se met réellement en danger. Ne réalisant pas lui-même le film, laissant la tâche à James Fargo qui l’avait dirigé précédemment dans « L’inspecteur ne renonce jamais », il prend moins de risque mais n’en teste pas moins sa capacité à convaincre dans le registre de la comédie débridée. Le gros succès commercial remporté par le film le mettra certainement en confiance pour la suite de sa carrière.

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