L' ÉVADÉ D'ALCADRAZ (1979)

L' ÉVADÉ D'ALCADRAZ (1979)

ESCAPE FROM ALCATRAZ

Un policier de Don Siegel

107  mn

Avec Clint Eastwood, Patrick McGoohan, Roberts Blossom, Jack Thibeau, Fred Ward, Paul Benjamin, Larry Hankin
Scénario de Richard Tuggle
D'après J. Campbell Bruce
Musique de Jerry Fielding
Photo de Bruce Surtees
Produit par Don Siegel

RESUME
Un prisonnier arrive au pénitencier d'Alcatraz où sont envoyés les détenus difficiles qui ont déjà tenté de s'évader. Hormis une bagarre qui le conduit au mitard, l'homme se plie aux exigences de la prison jusqu'au jour où il a l'idée de s'évader.

COMMENTAIRE
C’est la cinquième et dernière fois que Clint Eastwood tourne sous la direction de Don Siegel, le réalisateur avec lequel l’acteur aura finalement le plus joué. Si leur collaboration est immédiatement associée a des films virils comme « L’inspecteur Harry » ou « Sierra torrides », elle est aussi marquée par des films plus subtils comme « Les proies » ou cet « Evadé d’Alcatraz ». Car à la différence des premiers, ces derniers, également des westerns ou des polars, se caractérisent par un héros qui subit un destin peu enviable. Alors que dans « Les proies », Eastwood était à la merci d’un groupe de femmes, ici il est sous la coupe de l’institution judiciaire. Bien qu’il se défende lorsqu’il est attaqué par un détenu, qu’il montre une certaine défiance envers le directeur, qu’il s’indigne lorsqu’on confisque les toiles d’un peintre, son personnage subit le diktat de ses gardes. Habitué au Eastwood froid, invulnérable, indomptable, crâneur, on peut être déçu par « L’évadé d’alcatraz » comme on a pu l’être d’ailleurs par « Les proies ». Certes toujours serein et fier, son personnage n’en est pas moins, maintenant, un être humilié, fragile, pathétique. Alors évidemment, l’homme possède des qualités qui lui permettront d’envisager une évasion hors du commun, mais cela ne suffit pas à en faire ce héros cynique qui valut la renommée à Eastwood. Ceci étant, avec ce rôle, l’acteur gagne en humanité et en sympathie. A côté de ces aspects, le film, tiré de la vie d’un certain Frank Morris, paraît avoir échappé à Siegel. Comme ce vieil homme dont l’animal de compagnie est une souris, ou ce peintre pour qui la fleur de chrysanthème est symbole de liberté, les protagonistes sont souvent intéressants. Hélas, ils sont traités de façon très classique et sans conviction. La mise au point de l’évasion qui a pris en réalité plusieurs années - chose suffisamment incroyable pour justifier son exploitation - paraît n’avoir duré que quelques semaines ici !

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