CEUX DE LA ZONE

CEUX DE LA ZONE

MAN'S CASTLE

Un drame de Frank Borzage

67  mn

Avec Spencer Tracy, Loretta Young, Marjorie Rambeau, Glenda Farrell, Walter Connolly, Arthur Hohl, Dickie Moore
Scénario de Jo Swerling
D'après Lawrence Hazard
Musique de W. Frank Harling
Photo de Joseph H. August

RESUME
Dans un jardin public, un homme d'apparence distingué fait la connaissance d'une jeune femme qui n'a plus mangé depuis deux jours. Il lui propose de l'emmener au restaurant. Mais le repas fini, étant lui-même indigent, il ne pourra payer l'addition.

COMMENTAIRE
S’il est vrai qu’au début des années trente, Hollywood parle parfois de la pauvreté qui sévit, cela reste marginale. Fait avant tout pour distraire, le cinéma américain de ces années évite autant que possible de rappeler un quotidien difficile, lui préférant souvent le faste et le clinquant des milieux bourgeois. Même le film de gangster - en vogue à la Warner - se garde bien de s’appesantir sur les milieux sociaux défavorisés dont sont issus les protagonistes. Un de ces films qui fait exception, c’est « Ceux de la zone ». A travers les amours d’un jeune couple qui vit dans un bidonville, le film peint sans détour le difficile quotidien de ces millions de chômeurs exclus de la société. Pour autant, l’œuvre ne fait pas dans le misérabilisme. Très dignes, ne se plaignant jamais, ne craignant pas l’adversité, les protagonistes semblent se satisfaire de leur situation : fier-à-bras au grand cœur, le personnage interprété par Spencer Tracy vit d’expédiants, tandis que sa jeune épouse dévouée et docile, incarnée par Loretta Young, l’attend sagement au foyer. On est dans un univers poétique où le bonheur est fait avant tout de l’amour qu’on porte à l’autre. Réalisé par Frank Borzage, « Ceux de la zone » est dans la lignée de « L’heure suprême » ou de « Liliom », deux autres de ses précédentes œuvres où le dénuement des êtres est porteur de lyrisme. Alors que le jeune égoutier de « L’heure suprême » vivait sous les toits au plus près du ciel, le chômeur de « Ceux de la zone » dort sous une fenêtre donnant sur les cieux pour, dit-il, profiter le plus possible du bleu du ciel… On retrouve également ces relations amoureuses d’une grande complicité qui émaille toute l’œuvre de Borzage. C’est ainsi que derrière des petits gestes qui seraient violents dans d’autres circonstances (tirer les cheveux, donner des petits coups de poings dans les côtes) Tracy fait montre d’une sympathique tendresse virile envers sa compagne.

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